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Société

Thomas, lycéen périgourdin dyspraxique : "je ne me sens pas à ma place dans la société"

jeudi 26 avril 2018 à 16:28 Par Benjamin Fontaine, France Bleu Périgord

Les troubles de l'apprentissages touchent 8% des Français. Ce samedi 28 avril, une conférence sur les "dys" est organisée au théâtre de Périgueux pour mieux comprendre ce handicap.

8% des Français souffriraient de troubles de l'apprentissage.
8% des Français souffriraient de troubles de l'apprentissage. © Maxppp - Alex Baillaud

Ils ont du mal à faire leurs lacets, ils font des fautes d'orthographes ou sont maladroits. On les appelle "les dys" pour dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques. Entre 6 et 8% personnes souffriraient de troubles de l'apprentissage en France. Ces maladies sont souvent mal comprises. Pour informer sur ces handicaps, une journée d'information est organisée ce samedi 28 avril au théâtre de Périgueux par l'association "dyspraxique mais fantastique"'.

"Il faut toujours se battre" - Marianne Duprat

Marianne Duprat est à l'origine de cette manifestation. Elle est elle-même maman d'un enfant dyspraxique de 12 ans diagnostiqué en CM2. Pierre (prénom d'emprunt) est un peu maladroit. Il a du mal à écrire. Elle s'est engagée pour faire comprendre son quotidien et la maladie de son enfant. "Pour être dys il faut avoir une intelligence normale ou supérieur et présenter ses troubles dys. C'est compliqué car il faut toujours se battre, à l'école, face aux professeurs. Il y a aussi la rééducation et les rendez-vous chez les professionnels de santé," explique la mère de famille.

" Quand on me présente un texte je vous d'abord les lignes entre les mots" - Thomas, dyspraxique

Anne a 48 ans, elle est aussi maman d'un enfant dyspraxique. Thomas (prénom d'emprunt), 16 ans, est élève en première. Sa maladie a été diagnostiquée en CM1. Depuis, il a appris à la connaitre, à l'apprivoiser aussi. "On veut faire quelque chose mais on n'y arrive pas. C'est troublant car les autres ne comprennent pas. Par exemple, je ne sais pas conjuguer le verbe être au futur, il faut que je le visualise. Quand on me présente un texte je vois d'abord les lignes entre les mots et ce qu'elles forment. " 

Marianne Duprat organise la journée au théâtre de Périgueux. - Radio France
Marianne Duprat organise la journée au théâtre de Périgueux. © Radio France - Benjamin Fontaine

Pourtant, Thomas est bon élève. Il a 13 de moyenne. Au lycée il se sert d'un ordinateur pour taper ses cours. Ecrire à la main lui prend trop de temps, trop de réflexion et le fatigue. Une aide de vie scolaire vient l'assister mais pour en arriver là il a fallu batailler explique sa maman Anne. "Les gens pensent qu'on couve trop notre enfant, ou qu'ils font exprès. Ils ne comprennent pas que c'est un handicap. Quand on a un doute sur son enfant il faut consulter rapidement. Il y a eu des années de souffrance et d'incompréhension et c'est vraiment dommage."

"Avec des gens de mon âge je peux être très immature" - Thomas

De façon générale, les "dys"ont aussi un problème pour trouver leur place dans la société. "Je ne me sens jamais à ma place. Avec des adultes je vais pouvoir parler de sujets dont eux n'ont parfois jamais entendu parler. Avec des gens de mon âge je vais au contraire être très immature et ça les agace aussi." Mais Thomas est un garçon ambitieux. Son objectif : devenir ingénieur. Ce serait, dit il, une victoire sur la vie.

  • La conférence a lieu ce samedi 28 avril, à partir de 10h et jusqu'à 17h au théâtre de Périgueux. L'éntrée est libre. Des ateliers de mise en situation sont ouverts à tous. Il faut s'inscrire au 06 74 36 80 84.