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Dossier : Coronavirus Covid-19

Top 14 - UBB : "On doit sortir grandi de ça"

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Par , France Bleu Gironde

Alors que les joueurs de l’UBB ont entamé en début de semaine la première phase de leur retour progressif au rugby, Christophe Urios fait le point sur l’arrêt prématuré d’une saison prometteuse, sur les leçons qu’il en a tiré et sur la façon dont il a vécu cette période hors norme.

Christophe Urios est prêt pour repartir au combat
Christophe Urios est prêt pour repartir au combat © Radio France - Guillaume Battin

France Bleu : Vous insistez sur la notion de partage. Comment vivez-vous le fait d’en être privé depuis de longues semaines ?

Christophe Urios : C’est une période compliquée effectivement. J’ai l’impression qu’on nous a enlevé toutes ces notions de plaisir et donc de partage. Plaisir d’aller manger un morceau avec un pote, de boire un coup, de se rassembler, de faire un barbecue. Plaisir d’aller travailler, d’avoir socialement ce lien. C’est une grande épreuve mais en même temps, je suis sûr que quand ça va se terminer, ça va nous permettre d’apprécier ces moments.

Moi je suis un amoureux des phases finales, j’adore vivre ces moments-là, c’est incroyable. Pour toutes ces raisons il n’était pas possible pour nous d’avoir le titre sur tapis vert. Je pense que je n’aurais même pas posé sur la photo.

Qu’avez-vous appris de ce confinement ?

J’ai appris que le lien avec les gens est important, essentiel. C’est ma façon d’être. J’imagine le sport, mon métier, mon activité rugby à travers ça. Je dis souvent qu’il est important de bien vivre pour bien jouer et gagner. Et le bien vivre, ce sont ces relations.

C’est pour ça que vous dites que des matches à huis clos n’ont aucun sens ?

Ça n’a aucun sens. On fera bien ce qu’on nous dira de faire au-delà de l’aspect économique qui va être dramatique. Parce que nous on ne vit pas des droits télé. Ca amène du beurre dans les épinards évidemment. Mais ce qui nous fait vivre ça reste le match, ce qu’il y a autour. Les partenaires, le public, tout ce qui est lié au stade… Et puis franchement jouer devant un stade vide, aucun sens. Je me suis amusé à regarder les matches du foot allemand. Au bout d’un quart d’heure, tu changes parce que ça ne t’apporte rien. C’est un vrai débat, un vrai problème en espérant qu’on va être capable de mettre du monde dans les stades.

Le manageur de l'UBB n'imagine pas de match sans supporters.
Le manageur de l'UBB n'imagine pas de match sans supporters. © Radio France - Justine Hamon

Le rugby vous manque ?

Ce n’est pas que le rugby, c’est retrouver mes joueurs. J’en vois quelques-uns. On a envie de se retrouver, c’est ça qui nous manque. Retrouver mon staff, échanger, préparer la saison et être sur le terrain. C’est cette relation, ce défi. On est sur le bon chemin pour que ça arrive. On doit être capable de s’adapter et à Bordeaux, ça doit nous amener une force supplémentaire, un état d’esprit encore plus fort. C’est ça qui doit nous animer.

Pour en revenir à la saison dernière, vous ne vouliez pas d’un titre sur tapis vert ?

Nous on a été champions avec Castres en étant sixième.  Il restait neuf journées, 45 points à distribuer, c’est énorme. Même si j’étais convaincu qu’on allait se qualifier parce qu’on avait tellement de marge. Pour nous c‘était inconcevable, affreux même, d’avoir un titre. Moi je suis un amoureux des phases finales, j’adore vivre ces moments-là, c’est incroyable. Pour toutes ces raisons il n’était pas possible pour nous d’avoir le titre sur tapis vert. Je pense que je n’aurais même pas posé sur la photo.

Cette frustration, elle doit se transformer en quelque chose qui va nous donner une force supplémentaire.

Il y a tout de même de la frustration ?

Forcément qu’il y a beaucoup de frustration, même de l’incompréhension. Pourquoi on ne reprend pas ? Il y a eu de grands échanges, parfois violents entre les présidents. Je reste persuadé qu’on avait la possibilité de reprendre. L’idée de faire une demi-finale au mois d’août et reprendre le championnat derrière, je ne trouvais pas ça idiot pour solder cette saison. Mais bon, on se range derrière l’institution. Cette frustration, elle doit se transformer en quelque chose qui va nous donner une force supplémentaire. Parce que tout le travail qu’on a fait, on doit sortir grandi de ça. 2020, même si on n’est pas récompensé, je reste persuadé que cette saison va rester dans les annales. De par ce qui s’est passé avec le Covid et de par la qualité de cette équipe de Bordeaux qui a fait un championnat incroyable. Elle va nous permettre en interne de faire progresser le club. Et c’est ça qui m’intéresse aujourd’hui.

Qu’avez-vous fait pendant ce confinement ?

J’ai fait des choses que je n’avais pas l’habitude de faire c’est-à-dire m’occuper de la maison. On a passé du temps en famille, des moments de partage, du bon temps. La pelouse ? J’ai tellement tondu qu’il n’y a plus d’herbe. Ça m’a fait du bien. Ensuite, on a mis en place le plan de bataille pour garder les gars sous pression. Les joueurs ont é d’un sérieux incroyable, le staff a fait un boulot énorme dans l’accompagnement des joueurs. Je me suis nourri des bouquins de management que je n’avais pas lus ces derniers temps. Et, concernant mon autre passion, le vin, ça m’a permis de concrétiser l’achat d’un domaine chez moi dans le Minervois. J’avais des journées qui étaient bien remplies.

On est dans un monde de fric, à un moment donné on s’est fait fermer le robinet et on a été devant des difficultés incroyables. Mais en même temps, je ne suis pas dupe. Donc je vais d’abord me concentrer sur ma famille. Et après le monde, il fera bien ce qu’il voudra.

Est-ce que vous allez changer des choses ?

Je pense que je serai encore plus attentif à la relation humaine. Je suis sûr que c’est la clé de la réussite. Faire comprendre aux joueurs pourquoi ils s’entraînent. Je ne le faisais peut-être pas assez. On était plus dans une dynamique d’équipe, de résultat immédiat. On va développer ça, sur l’intime en fait. Pourquoi je m’entraîne. Que vais-je amener à l’équipe ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire sur un terrain ? Donner encore plus de sens. 

Christophe Urios souhaite développer encore plus le relationnel avec ses joueurs.
Christophe Urios souhaite développer encore plus le relationnel avec ses joueurs. © Radio France - Justine Hamon

Ça peut se transposer sur toute la société ?

Bien sûr, c’est la même chose. Manager un équipe de rugby, une entreprise, une mairie, une école…

Qu’est-ce qui vous ferait le plus plaisir dans le monde d’après ?

Sur le plan personnel, ça va être les retrouvailles avec mon groupe. Après, j’aimerais que les gens n’oublient pas ce qui s’est passé même si je ne crois pas à un monde nouveau. Ça c’est de l’enfumage. Les gens vont faire attention, acheter au petit agriculture, à l’épicerie bio mais très vite ça va disparaître. Les gens vont retrouver cette course à l’armement, cette course au profit. Ce que j’aimerais, c’est que les gens n’oublient pas. On est dans un monde de fric, à un moment donné on s’est fait fermer le robinet et on a été devant des difficultés incroyables. Mais en même temps, je ne suis pas dupe. Donc je vais d’abord me concentrer sur ma famille. Et après le monde, il fera bien ce qu’il voudra.

Interview réalisée par Guillaume Battin

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