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Société

Toujours pas de chauffage dans plus de 300 logements à Saint-Étienne-du-Rouvray

vendredi 3 novembre 2017 à 7:01 Par Sixtine Lys, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Dans l'immeuble Sorano, comme dans les cinq autres qui composent la copropriété Robespierre, à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, il n'y a pas de chauffage. Le maire, Joachim Moyse, tire la sonnette d'alarme.

Ce bâtiment est l'immeuble principal de la copropriété Robespierre et le plus connu : l’immeuble Sorano.
Ce bâtiment est l'immeuble principal de la copropriété Robespierre et le plus connu : l’immeuble Sorano. © Radio France - Sixtine Lys

Saint-Étienne-du-Rouvray, France

Depuis la fin du mois de septembre, les températures descendent fortement dans la nuit et la matinée. Et pourtant, aucun moyen de se réchauffer dans cette copropriété endettée et placée sous administration provisoire située dans l'agglomération de Rouen.

Le maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, Joachim Moyse tire la sonnette d'alarme. Il a pris un arrêté pour la mise en demeure de l'administrateur judiciaire et interpelle la préfète, Fabienne Buccio, pour que le chauffage soit rétabli de toute urgence. En attendant, dans le bâtiment Sorano, c'est la débrouille.

Ça fait une semaine que Zoubida* et ses quatre enfants ont emménagé dans cet appartement trois pièces, au septième étage. Ils sont obligés de tous dormir dans le même lit, pour se tenir chaud la nuit. « On dort comme des sardines pour se réchauffer », explique-t-elle en souriant. « J’ai jamais eu l’habitude de dormir avec des pulls en laine ! »

Cinq personnes dorment dans ce lit pour se tenir chaud. - Radio France
Cinq personnes dorment dans ce lit pour se tenir chaud. © Radio France - Sixtine Lys

Pas un seul radiateur ne fonctionne dans l’appartement, et la plus jeune de la famille a deux ans. « La petite, elle a toujours les lèvres bleues à cause du froid. Quand je la change, je la couvre avec une couverture. On dirait qu’on est en Sibérie ! » Zoubida garde le sourire, mais dans l'immeuble, les parents n'osent même plus donner de douche à leurs enfants, de peur qu'ils tombent malade.

On dirait qu’on est en Sibérie "

Heureusement, entre voisins, on s'entraide. Zoubida n’a pas de gazinière. C’est sa voisine qui lui prépare des plats chauds, en échange de services. Une situation qui ne peut plus durer, alors que l'hiver arrive.

Liliane a 89 ans, elle a acheté son appartement il y a trente ans, elle est désemparée. « J’ai toujours payé mes charges ! » proteste-t-elle. « J’ai un petit radiateur dans la cuisine, et toute la journée, je suis emmitouflée, assise à côté. Voilà ma vie. C’est incroyable qu’on puisse laisser vivre des personnes comme ça ! »

Des conditions de vies dangereuses

Le maire de la commune, Joachim Moyse, s'inquiète des conditions de vie des habitants de ces 306 logements, mais aussi de l'utilisation de chauffages annexes alors que le système électrique n'est pas du tout fait pour. « Il y a sans doute des dispositifs de chauffage inadaptés. A l’heure actuelle, les éléments de sécurité sont soit absents soit non conformes, ce qui pourrait entraîner un départ d’incendie. »

Les habitants de l'immeuble se retrouvent pour échanger sur l'insalubrité de leurs logements. - Radio France
Les habitants de l'immeuble se retrouvent pour échanger sur l'insalubrité de leurs logements. © Radio France - Sixtine Lys

Joachim Moyse craint le scénario de l’embrasement, comme ce qui s’est passé à Londres avec plus de 80 victimes. La municipalité espère que la préfecture prenne un arrêté de danger ponctuel immédiat pour la santé publique afin que le chauffage soit rétabli au plus vite.

* Les noms ont été modifiés