Société

Toulouse : après Sivens, le traumatisme des manifestations le samedi en centre-ville

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse vendredi 13 mars 2015 à 17:06

Manifestation contre privatisation aéroport Toulouse
Manifestation contre privatisation aéroport Toulouse © Radio France - Stéphanie Mora

Pour la deuxième fois en une semaine, la préfecture déroute un parcours de manifestation de l'hyper centre. Motif : éviter les débordements. Ce samedi ce sont les opposants à la privatisation de l'aéroport qui en font les frais. Les organisateurs sont "furieux" d'être ainsi assimilés aux zadistes.

La préfecture de Haute-Garonne est-elle sous pression ?  Le centre-ville de Toulouse est en passe de devenir un sanctuaire protégé des manifestations... au moins pour quelques temps.

Après le défilé "contre la violence faite aux femmes" samedi dernier, c'est la manifestation des opposants à la privatisation de l'aéroport qui se retrouve éloignée de l'hyper centre. C'est la conséquence du dernier rassemblement anti-Sivens le 21 février dernier qui avait dégénéré (une vingtaine de vitrines brisées). Depuis les commerçants réclament du calme dans les rues du centre pour récupérer leur clientèle et un chiffre d'affaire et devant leur menace de se faire justices seuls, l'heure est au contournement.

Ce samedi, le collectif unitaire contre la privatisation de la gestion de l'aéroport organise un rassemblement à quelques semaines de la probable entrée du groupe sino-canadien Symbiose dans le conseil d'adminstration de l'aéroport toulousain. Le collectif a déposé sa demande d'autorisation de manifester lundi.

Détourner l'itinéraire

Il comptait partir du square De Gaulle (derrière le Capitole) direction la préfecture en passant par les très commerçantes rue Alsace-Lorraine et rue de Metz. Mais les services de la préfecture lui ont demandé de s'éloigner et de partir de la place Jeanne d'Arc . Motif : éviter les débordements.

"Nous sommes pacifistes (...) on est furieux d'être assimilés aux gars de Sivens." — Chantal Beer-Demander du Collectif unitaire contre la privatisation de l'aéroport

Chantal Beer-Demander, une des porte-parole du collectif unitaire contre la privatisation de l'aéroport, qui préside aussi une association de riverains se dit "chagrinée" , "furieuse" . Elle rappelle que lors de la premiere manifestation le 31 janvier, le cortège composé de riverains, de familles, avait défilé dans le calme (500 personnes y avaient participé). "On assure qu'il n'y aura pas de débordement. (...) On est quand même à deux doigts de se demander si on veut pas nous empêcher de parler de ce dossier chaud brûlant dans lequel il n'y a eu aucun débat démocratique."

Manif privatisation aéroport détournée - déterminés

Chantal Beer-Demander prévient aussi que la manifestation pourrait être annulée si, comme la semaine dernière le dispositif policier est disproportionné.

En effet, ce samedi 7 mars, un peu plus de 200 personnes ont défilé à Toulouse contre les violences faites aux femmes, mais le cortège a été très éloigné du centre-ville et encadré par 400 policiers, CRS et même un zodiac sur la Garonne.

Les syndicats dénoncent une atteinte au droit de manifestation

Ce vendredi, la préfecture de la Haute-Garonne s'est refusée à tout commentaire. Les commerçants du centre-ville de Toulouse eux sont satisfaits , ils aspirent au calme le samedi autour de leurs boutiques pour oublier le traumatisme du 21 février. Les syndicats qui participent au défilé de demain dénoncent une atteinte au droit de manifester.

La manifestation du collectif contre la privatisation de l'aéroport partira donc de la place Jeanne d'Arc à 15 h 30 direction la préfecture mais via les grands boulevards et la rue Sainte-Anne pour éviter la rue Alsace-Lorraine et la rue de Metz.