Société

Toulouse : comme le carnaval, la Gay Pride 2017 face aux questions de sécurité

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse mercredi 22 mars 2017 à 9:00

La Gay pride à Toulouse rassemble entre 15 et 30 000 personnes ces dernières années
La Gay pride à Toulouse rassemble entre 15 et 30 000 personnes ces dernières années © Radio France - Jean-Marc Pérez

Mêmes causes, même casse-tête ! Les organisateurs de la prochaine Gay Pride à Toulouse font face à des contraintes de sécurité énormes. Entre l'état d'urgence et la période électorale, la préfecture réclame une manifestation très encadrée sur un parcours restreint avec de gros surcoûts.

La 23e édition de la marche des fiertés homosexuelles bi et trans-sexuelles est prévue le 10 juin prochain. Problème : les organisateurs ne sont pas sûrs d'avoir les moyens et les soutiens pour faire face. Les prochaines semaines seront cruciales, ce mercredi 22 mars, les associations LGBT, réunies dans le collectif Pride Toulouse, entament un long marathon de réunions pour trouver une solution.

Plus de 20 000€ de surcoût

La préfecture est plutôt favorable à un défilé sur un parcours restreint et ultra sécurisé. Le même que celui du carnaval entre le grand rond et les allées Mistral et Ravanel. A charge aux organisateurs de payer les agents de sécurité, l'installation et l'enlèvement de gros blocs de béton, et des barriérages. Comptez 90€ par bloc et 18 000€ pour les vigiles. Trop cher pour l'association Pride qui organise la marche cette année. Pride regroupe 22 associations toulousaines et d'autres mouvements de l'ancienne Midi-Pyrénées, ses responsables se retrouvent face à deux options : trouver l'argent nécessaire ou proposer une autre solution.

Un rassemblement statique place du Capitole?

L'alternative pourrait être un rassemblement statique place du Capitole, mais là aussi il faudra régler les vigiles, la fermeture des rues et le dédommagement de Vinci qui devra évacuer le premier niveau du parking en sous-sol. Autre option : repousser la marche après les vacances d'été au risque de perdre l'esprit de l'événement... Paris a annoncé le maintien de sa gay pride le 24 juin, difficile pour les militants toulousains d'envisager l'abandon de ce moment de revendications de droits. Les organisateurs doivent proposer un scénario à la préfecture début avril.

"La sécurité est désormais l'action de tous" dit Frédéric Rose, le directeur de cabinet du préfet. "C'est une façon de nous empêcher de manifester pour nos droits" répond Louise Lourdou d'Act-up Sud-Ouest

Act up Sud Ouest a été la première association a poussé un coup de gueule contre ces contraintes. Pour Louise Lourdou, cela arrive dans un contexte de "recul des droits des homosexuels depuis la Manif pour tous. Il y a un contexte politique. accéder aux demandes sécuritaires de la préfecture et de la mairie c'est faire leur jeu" la présidente d'act up Sud ouest ajoute : "C'est pas possible pour l'association Pride Toulouse de répondre aux contraintes financières beaucoup trop élevées".

"C'est pas avec plus de répression qu'on sera plus en sécurité" Louise Lourdou présidente d'Act up Sud ouest

Avec l'état d'urgence, la préfecture de Haute-Garonne a décidé d'impliquer les élus et les organisateurs de manifestation aux questions de sécurité. Un choix assumé par Frédéric Rose, le directeur de cabinet du préfet :

La préfecture veut partager les responsabilités

Quoiqu'il arrive le festival des fiertés de Toulouse lui se tiendra bien du 17 mai au 10 juin prochain.