Société

Toulouse - Constant Engels, résistant, "une centaine de médailles" dans son placard

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse vendredi 21 octobre 2016 à 19:08

Constant Engels, tout sourire, entouré par ses nièces
Constant Engels, tout sourire, entouré par ses nièces © Radio France - Jean Saint-Marc

Constant Engels a 96 ans, il vit dans l'Ehpad Edelweiss, à Beauzelle, près de Toulouse. Ce vendredi ce résistant a reçu l'insigne de commandeur de la légion d'honneur pour avoir combattu avec les Forces françaises libres. Son parcours suscite l'admiration dans la maison de retraite.

"On ne lui arrive pas à la cheville. C'est un homme de valeur. On est très fières de l'avoir !" Au premier rang pour la cérémonie, Yvonne et Marcelle sont émues. Constant Engels, leur voisin de chambre, reçoit ce vendredi l'insigne de commandeur de la légion d'honneur.

Le vieil homme de 96 ans sourit en avouant qu'il a déjà "une centaine de médailles" dans son placard. Mais à chaque fois il est un peu tendu : "ce n'est pas le trac non mais je passe beaucoup de temps à préparer, à mettre en ordre... Ça m'a pris toute la soirée hier !"

Médaillé par de Gaulle, "un bonhomme formidable"

En 1942, le général de Gaulle décore le jeune Constant Engels, blessé au combat - Aucun(e)
En 1942, le général de Gaulle décore le jeune Constant Engels, blessé au combat - DR

Constant Engels n'avait pas 20 ans au début de la seconde guerre mondiale. Il vivait en Belgique avec ses parents. Quand les Allemands envahissent le pays ils fuient en Angleterre : "à l'époque même les Russes avaient peur des Allemands" raconte Constant Engels. Après avoir été mobilisé puis démobilisé par Pétain, le jeune homme décide de rejoindre les Forces françaises libres.

"Tous les jeunes sont comme ça" – Constant Engels dont les décorations évoque le "mépris absolu du danger"

"Je n'ai pas hésité. On connaissait de Gaulle, pour moi c'est un bonhomme formidable" explique le résistant. Il combat, entre autres, en Érythrée, en Syrie, en Libye où il sera gravement blessé lors de la bataille de Bir-Hakeim. Il attend pendant plus de deux heures avec sa jambe en charpie : ses supérieurs loueront "son moral exemplaire".

Cette attitude est aussi évoquée dans le décret qui lui attribue la Croix de la Libération : "Constant Engels a toujours recherché les postes de combattant. Il n'a cessé de remplir ses fonctions avec calme et mépris absolu du danger."

"Tous les jeunes sont comme ça" commente, plus de 70 ans après, le résistant. "Il est très humble, très discret" confirme Nathalie, infirmière à l'Ehpad de Beauzelle. "Il ne parle de son passé que si on l'interroge, mais c'est vrai qu'aujourd'hui il est très heureux ! Il a la banane !"

Constant Engels avec deux des généraux qui lui ont remis la légion d'honneur - Radio France
Constant Engels avec deux des généraux qui lui ont remis la légion d'honneur © Radio France - Jean Saint-Marc

Seuls quatorze des compagnons de la Libération sont encore en vie aujourd'hui.

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