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Société DOSSIER : Tous Apprentis

Occitanie : objectif 40.000 apprentis en 2020

lundi 28 mai 2018 à 5:04 - Mis à jour le lundi 28 mai 2018 à 8:19 Par Vanessa Marguet, Olivier Lebrun et Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

A l'occasion de la journée spéciale "Tous apprentis" sur France Bleu et France 3, zoom sur l'apprentissage en Occitanie, rencontre avec un apprenti ingénieur et avec des responsables de CFA qui s'inquiètent de la réforme à venir.

Un apprenti ingénieur, Mathias Corbetta, et le responsable de la formation, Emmanuel Chaput, à l'Enseeiht à Toulouse
Un apprenti ingénieur, Mathias Corbetta, et le responsable de la formation, Emmanuel Chaput, à l'Enseeiht à Toulouse © Radio France - Vanessa Marguet

Occitanie, France

Il y a aujourd'hui 440 000 apprentis en France, dont 36 000 en Occitanie. Ils ne représentent que 7% des jeunes de 16 à 25 ans. Le gouvernement veut engager une réforme en 2019 pour atteindre l'objectif des 15% et revaloriser cette voie, qui allie formation théorique à l'école et formation pratique en entreprise. 

Des boulangers, des chaudronniers, mais aussi des ingénieurs

En Occitanie, les effectifs ont augmenté de 4% à la rentrée 2018. Les apprentis dépendent d'une centaine de CFA (centres de formation d'apprentis) et suivent l'une des 1700 formations différentes proposées dans la Région. Il s'agit de formations très variées, pour devenir aussi bien boulanger, boucher, électricien, que chaudronnier aéronautique ou même ingénieur. 

Ce n'est pas forcément très connu mais l'Enseeiht, l'une des grandes écoles d'ingénieurs de Toulouse propose depuis 9 ans une formation d'ingénieur "informatique et réseaux". "Cela nous permet de recruter des étudiants au profil différent" explique Emmanuel Chaput, le responsable de la formation par l'apprentissage à l'Enseeiht pour le département sciences du numérique.  Chaque année, une vingtaine de jeunes intègrent ainsi l'école d'ingénieurs après un IUT, alors que les autres étudiants viennent en général de classes prépa. Ces recrues suivent une formation de 3 ans, la moitié du temps à l'école et l'autre moitié en entreprise. Mathias Corbetta, un jeune landais d'origine de 23 ans, fait par exemple son alternance dans une filiale d'Orange et résout les problèmes les plus complexes auxquels sont confrontés les SAV (services après vente). 

L'apprentissage me permet de mettre un pied en entreprise. A l'école, on a une vision théorique. On apprend pas mal de concepts. On ne sait pas trop où ça va nous emmener. L'avantage de l'entreprise c'est que ça permet de comprendre pourquoi on fait ces études. Et ça nous permet d'avoir une vraie expérience  — Mathias, apprenti ingénieur 

Le témoignage de Mathias Corbetta, en apprentissage à l'Enseeiht

Ce jeune homme apprécie aussi d'être rémunéré par rapport aux autres étudiants de son école. Il touchait 900 euros net en première année et aujourd'hui, en 3e année, il est à plus de 1500 euros. Cerise sur le gâteau, Mathias sait qu'il n'aura pas de difficultés à trouver du travail par la suite, grâce à l'expérience accumulée, qui plus est dans un secteur qui recrute. Il a déjà eu plusieurs propositions d'embauche

Voie de relégation ou voie d'excellence ?

Aujourd'hui à l'Enseeiht, les avantages de la formation en apprentissage ne sont plus à prouver, mais il a fallu un peu de temps pour convaincre, car ici comme ailleurs, l'apprentissage a longtemps souffert d'une image un peu négative, celle d'une voie de relégation. La réforme envisagée par le gouvernement, et dont les grandes lignes ont été présentées le 27 avril dernier en conseil des ministres, vise justement à en finir avec cette image et à faire de l'apprentissage une "voie d'excellence", pour doubler la proportion de candidats. 

Parmi les mesures envisagées, la rémunération des apprentis devrait être revue à la hausse, les aides financières à destination des entreprises qui accueillent des apprentis seront simplifiées et les centres de formation d'apprentis, les CFA vont quitter le giron des Régions pour être gérés désormais par les branches professionnelles, en lien avec l'Etat. Le but affiché par le gouvernement : faire que les apprentis soient formés au plus près des besoins de ceux qui pourraient les embaucher. 

Les craintes liées à la réforme en Occitanie

Mais cette réforme suscite pas mal de critiques. Les Régions redoutent l'omniprésence des entreprises. Les responsables des CFA ont aussi pas mal de craintes, surtout en zones rurales. Olivier Evrard, du CFA de Lacrouzette dans le Tarn par exemple s'inquiète pour la pérennité des formations qui attirent peu de monde, comme tailleur de pierres.  

Je ne pourrai plus ouvrir une section avec 3 ou 4 tailleurs de pierres si je ne trouve pas un financement supplémentaire de la part de la Région. — Olivier Evrard, CFA de Lacrouzette (81)

Sa collègue du CFA de Foix, a peur elle aussi que certaines formations éloignées des grandes villes pâtissent de cette réforme. 

Le risque, c'est que la plupart des formations partent sur les grandes métropoles. Les jeunes qui partiraient parce que la filière ne serait plus sur le territoire, il y a peu de chances qu'ils reviennent ensuite sur le territoire — Sylvia Pujal-Honorat, CFA de Foix (09)

Les explications de Sylvia Pujal-Honorat, du CFA de Foix

Le gouvernement a tout de même promis une enveloppe pour assurer le fonctionnement des établissements jugés non rentables, mais pour l'instant ça ne calme pas les inquiétudes. 

La Région Occitanie "ne pourra pas amortir le choc"

Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie était l'invitée de France Bleu ce lundi matin. De Toulouse à Montpellier, l'apprentissage concerne 36.000 jeunes, une centaine de CFA et 1.700 formations. Depuis l'an dernier les effectifs sont en hausse (+8%) grâce à un plan lancé par la Région.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, interrogée par Bénédicte Dupont (6'24'')

Ça n'est pas parce que les compétences sont gérées par le public que nous ne sommes pas à l'écoute des besoins des entreprises. Tout va être régulé par les branches à Paris. Les secteurs les moins organisés et les départements ruraux vont en pâtir.

La Région défend l'apprentissage comme une "voie d'excellence", les trois quarts des jeunes trouvant un travail dans les six mois. "C'est la possibilité d'avoir des formations et une main d'oeuvre opérationnelle sur place, à proximité, y compris dans les petites villes. Pas que dans les grandes métropoles et pour les secteurs à la mode. La comptabilité ou le tourisme ont besoin par exemple d'apprentis". En Occitanie, la réforme mettrait en péril près de 70% des centre de formation.