Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Toulouse : ils dorment dans un fourgon depuis des mois avec leur fille de 9 ans

vendredi 17 novembre 2017 à 16:13 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Les associations estiment qu'il n'y a jamais eu autant de familles avec enfants à la rue à Toulouse. Rencontre avec l'une de ces familles, qui vit dans une fourgonnette au fond d'une résidence dans le quartier Amouroux. Elle résiste surtout grâce à l'aide des voisins, mais jusqu'à quand ?

Cette fourgonnette a été prêtée à cette famille bulgare par un voisin.
Cette fourgonnette a été prêtée à cette famille bulgare par un voisin. © Radio France - Vanessa Marguet

Toulouse, France

"On est en 2017, normalement le monde a évolué. On ne doit plus voir des enfants dormir dans des camions", s'énerve Kader. Cet homme d'une cinquantaine d'années se sent démuni face à la situation de cette famille bulgare. Le père Atanas, qui se fait appeler Nascou , sa femme Vida et leur fillette de 9 ans, Elena, vivent depuis des mois serrés dans une fourgonnette, sur une place de parking inoccupée au fond d'une résidence du quartier Amouroux. Ils n'ont ni eau, ni chauffage, ni électricité.

Pas de places d'hébergement

Le fourgon n'est pas très grand. Il y a juste la place de mettre un lit et de stocker quelques affaires.  - Radio France
Le fourgon n'est pas très grand. Il y a juste la place de mettre un lit et de stocker quelques affaires. © Radio France - Vanessa Marguet

Le père est arrivé le premier à Toulouse, après plusieurs allers-retours entre la France et la Bulgarie. Il a trouvé un peu de travail dans le bâtiment et a fait venir sa femme et sa fille au printemps. Mais depuis, il a perdu son emploi et la famille a dû se contenter dans un premier temps de vivre dans une voiture installée au fond de cette résidence. La situation a ému un voisin, Zakaria qui leur a prêté sa fourgonnette.

"J''avais un fourgon que je n'utilisais pas beaucoup, alors je leur ai laissé au mois de juillet. Du coup, ils avaient un peu plus de place et cet été ça allait à peu près, mais maintenant c'est dur, il fait trop froid" - Zakaria

De son français hésitant, la petite Eléna confirme que les nuits sont froides, malgré les nombreuses couvertures. Zakaria et d'autres voisins ont aidé plusieurs fois cette famille à appeler le 115, le numéro de la veille sociale, mais la réponse a toujours été la même : "il n'y a pas de places !"

Le reportage de Vanessa Marguet

Achat de cartable et de denrées

Les habitants de cette résidence ont donc continué à épauler Atanas et sa famille à leur façon. Kader leur apporte à manger chaque fois qu'il le peut. Zakaria a acheté un cartable à la petite Elena et du matériel scolaire pour qu'elle puisse faire ses premiers pas à l'école française. Elle a intégré une classe de CM1 à l'école Michoun à la rentrée. D'autres voisins ont rapproché la famille d'une assistante sociale et ils ont pu obtenir une place à la cantine le midi pour la petite.

Pendant qu'Elena est à l'école, les parents eux vont manger au centre social du Grand- Ramier et prendre une douche. La petite, elle, se lave quand elle rentre de l'école chez Barta, une habitante de la résidence qui aide cette famille à faire des lessives et qui fait bien plus encore.

L'autre jour, j'ai proposé à la petite de dormir chez moi. Elle est venue une demie heure et finalement elle a voulu retourner vers sa maman. Mais elle peut venir quand elle veut. Tout cela me fait mal au cœur - Barta, une voisine

L'aide des voisins est précieuse pour cette famille, mais avec l'arrivée du froid, elle a atteint aujourd'hui ses limites. Pour Kader, "cette fois, il faut leur trouver un appartement".

"En France normalement, on ne voit pas ça" - Kader, un voisin

La famille d'Atanas a essayé de faire des démarches, mais il y a la barrière de la langue et pour l'instant, tous trois se retrouvent démunis, épaulés par des voisins qui ne savent plus vers qui se tourner.

Cette famille n'a que ce camion pour tout stocker.  - Radio France
Cette famille n'a que ce camion pour tout stocker. © Radio France - Vanessa Marguet