Société

Toulouse : la base aérienne de Francazal pôle national des opérations aéroportées des armées

Par Stéphane Garcia, France Bleu Toulouse lundi 25 septembre 2017 à 5:20

A Francazal, cinq nouveaux bâtiments ont vu le jour : des hangars, un centre formation et des bureaux.
A Francazal, cinq nouveaux bâtiments ont vu le jour : des hangars, un centre formation et des bureaux. © Radio France - Stéphane Garcia

La base militaire de Toulouse-Francazal va devenir le centre en France d'où partent les opérations d'urgence des parachutistes de l'armée de terre. L'aboutissement d'un projet lancé par l'Etat Major français en 2011.

L’armée de Terre se dote d’un Pôle national des opérations aéroportées, et il sera installé à la base de Toulouse-Francazal. Première pierre de ce projet d'envergure dans le monde militaire, la construction de cinq bâtiments sur place. "Nous avons un entrepôt destiné à réceptionner et conditionner le matériel qui sera ensuite largué, explique le colonel Nicolas Filser, chef de corps du 1er régiment du train parachutiste (1er RTP). Ensuite nous avons un entrepôt de stock, un bâtiment pour les bureaux et deux autres structures qui serviront pour la formation des jeunes paras et des cadres". Ce centre de formation recevra d'ici quelques mois une maquette de l'Airbus A400M.

Opérer jusqu'à 6.000 km autour de Toulouse

L'entrée en service de l’avion de transport A400M « Atlas » est une quasi-révolution dans le milieu militaire. L'avion permet d’envisager des opérations qu’il n’était pas possible de faire auparavant, notamment en raison du rayon d’action accru de cet appareil. "Ainsi, il est possible de projeter, depuis la base de Francazal, un groupement tactique aéroporté de l’échelon national d’urgence dans un rayon de 6.000 kilomètres, autrement on peut envoyer des troupes jusqu'au sud du Mali en seulement quelques heures", détaille le général Patrick Collet, le commandant de la 11e brigade parachutiste.

Cette inauguration est la première première d'un projet de pôle national des opérations aéroportées. L'idée c'est de faire de la base aérienne de Toulouse Francazal le point de départ de toutes les opérations d'urgence dans le monde. Tout va se passer dans la banlieue toulousaine : la réception et le stockage du matériel, la préparation des missions, mais aussi le conditionnement des armes, des véhicules, des vivres ou encore de l'eau. Tout comme l'envoi des hommes. "Quand nous sommes en situation d'urgence, nous devons être capable d'envoyer en très peu de temps 800 militaires ainsi que du matériel", indique le commandant des parachutistes. "En étant optimiste, on peut espérer bénéficier de cet outil d'ici 2 ou 3 ans, mais nous opérons déjà depuis Fracanzal".

Vue prévisionnelle du quartier EDME en 2029 - Aucun(e)
Vue prévisionnelle du quartier EDME en 2029

Pourquoi installer ce pôle national des opérations aéroportés ici, à Toulouse ? La ville rose est en fait le centre de gravité de la brigade parachutiste. Au total, plus de 10.000 militaires sont dispersés en régiments dans toutes la région (8.500 professionnels plus 1.500 réservistes). En plus de Toulouse, Tarbes, Pamiers, Castres, Carcassonne et Montauban sont à moins de 2 heures de routes. Exception faite du 2e régiment de parachutistes, basé lui à Calvi en Corse.

Plus de 200 paras dans les Antilles

Il y a 3 semaines, Irma balayait les Antilles, tuant sur son passage 27 personnes. L'un des plus puissants ouragans jamais enregistrés, avec des rafales de vents à plus de 360 km/h, a ravagé notamment les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Depuis la base militaire de Francazal, plusieurs centaines de parachutistes ont été envoyé d'urgence détaille le Général Collet. "En 24 heures, plus de 200 hommes sont partis. Des militaires qui venaient pour partie du 3ème régiment d'infanterie de marine de Carcassonne pour maintenir l'ordre, et d'autres du 17ème régiment du génie de Montauban, qualifiaient dans le domaine de la reconstruction".