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Société

Toulouse : le village d'insertion de la discorde à Paleficat

- Mis à jour le -
Par France Bleu Occitanie

Depuis jeudi, des engins de construction terrassent un terrain vague dans le quartier de Paléficat, au nord de Toulouse. Les riverains s'opposent à l'installation de 32 bungalows où doivent être logées des familles roms expulsées du Ramier. Mais ils ne veulent pas que l'extrême-droite s'empare de la polémique.

Les pelleteuses sont arrivées jeudi sur ce terrain vague de Paleficat.
Les pelleteuses sont arrivées jeudi sur ce terrain vague de Paleficat. © Radio France - Bénédicte Dupont

Paléficat, c'est un peu le village gaulois cerné par les romains. Situé à l'extrême nord-est de Toulouse, le quartier est cerné au sud par le périphérique et à l'est par le ruisseau de l'Hers. Paleficat est surtout grignoté de toutes parts depuis un peu moins de dix ans.

Depuis 2006, la mairie rachète des terrains , 110 hectares environ, pour se constituer une réserve foncière. Plusieurs familles ont été indemnisées et amputées d'une partie de leurs terres. Et depuis quelques temps, le grand projet deBoulevard Urbain Nord (BUN) a là encore mangé certains jardins. Des expropriations forcément mal vécues.

Le quartier est meurtri par ces expropriations, les gens sont dépossédés, déracinés. On n'a plus la force de supporter de nouvelles contraintes. — Sylvie Roussel, vice-présidente de "Vivre à Paleficat"

Paleficat, Toulouse - Radio France
Paleficat, Toulouse © Radio France - Bénédicte Dupont

Autrefois zone de marais, avec une nappe phréatique qui affleure à 3 ou 4 mètres, Paléficat est aussi, comment Borderouge et Grand-Selve, sujet auxinondations . De plus, le quartier dispose déjà de lieux d'accueil d'urgence . Pour les riverains, il est temps que d'autres quartiers prennent le relais.

Paleficat SON APPEL

Pour nous, c'est trop, on a déjà notre quota : on a un acceuil d'urgence de 20 familles avec caravanes, un squatt avec 8 SDF et des chiens. Ca suffit!

Face à la réaction des habitants, la mairie a suspendu le chantier. Mais elle affirme ne pas avoir le choix : depuis le 6 juillet, la justice les contraint à expulser du campement illégal de l'île du Ramier et à trouver une solution de relogement à ces familles originaires de Bulgarie et Roumanie. 58 personnes en tout, dont 13 enfants, qui, si elles refusent ce logement temporaire, seront expulsées dans leur pays d'origine. Et lorsqu'elles acceptent, l'idée est de les réorienter ensuite vers du logement social et surtout de scolariser les enfants.

A Lardenne, le village d'insertion de Grynfogel fonctionne bien. C'est du temporaire, ils restent 18 mois en moyenne avant de trouver un logement social. Paléficat, c'est une des rares solutions que nous avons à Toulouse, il y a peu de bâti et les terrains ne sont pas inondables. — Daniel Rougé, adjoint aux politiques de solidarité à la mairie de Toulouse

Sur les 13 enfants du groupe, dix sont scolarisables et sont d'ores et déjà inscrits dans les écoles voisines de Borderouge et du Grand-Selve.

Ce lundi, les habitants ont organisé un barbecue sur le chantier. - Radio France
Ce lundi, les habitants ont organisé un barbecue sur le chantier. © Radio France

Pas de récupération politique

L'association "Vivre à Paleficat" insiste : ils sont a-politques. Une de leurs réunions a été enregistréeen cachette et diffusée sur un blog identitaire d'extrême-droite. Le député du Front National, Gilbert Collard, a également réagi sur Tweeter à l'article paru dans la presse toulousaine.

Et cela, les riverains n'en veulent pas, ils souhaitent se désolidariser des prises de position politiques et ne rejoignent pas les avis partisans qui stigmatisent ces populations.

Il y a des gens malhonnêtes qui exploitent cette histoire sur des sites racistes dont j'ai honte. Nous, on dit simplement que nous avons notre quota de lieux d'accueil d'urgence, c'est tout, nous n'avons rien contre les roms ou les gens du voyage. — Pascale Noirot, vice-présidente de "Vivre à Paléficat"

Paleficat, Toulouse - Radio France
Paleficat, Toulouse © Radio France - Bénédicte Dupont

Reportage chemin du Furet, à Paléficat, auprès des riverains.

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