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Société

Toulouse : les dealers menacent par écrit des locataires dans le quartier des Izards

lundi 4 septembre 2017 à 20:01 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Dans le quartier des Izards à Toulouse, les locataires de deux immeubles ont reçu ces derniers temps des mots dans les boîtes aux lettres, dans lesquels les dealers les menacent de représailles s'ils parlent à la police.

L'un des immeubles de la place des Faons à Toulouse.
L'un des immeubles de la place des Faons à Toulouse. - Capture Google Street

Toulouse

Ils subissent au quotidien la loi des trafiquants de drogue et c'est de pire en pire. Dans le quartier des Izards à Toulouse, les habitants de deux immeubles, le 19 et le 20 de la place des Faons, ont découvert récemment dans leurs boites aux lettres et affichés dans les parties communes des mots leur interdisant tout contact avec la police, sous peine de représailles. Ces mots très mal orthographiés sont signés "la direction", mais viennent des dealers du quartier.

Des menaces prises aux sérieux par les habitants

La dépêche du Midi qui a révélé cette affaire s'est procuré le message en question. Il est écrit : " Si vous avez la moindre complicités avec la police qui pourra empecher nos activité qui se passe dans le hall. Vous en assumerais les conséquences.../... Merci de votre compréhension"

Joints par France Bleu Toulouse, plusieurs habitants de ces immeubles racontent leur inquiétude sous couvert d'anonymat. Certains refusent de parler car ils prennent très au sérieux les menaces. D'autres, comme cet homme, racontent leur quotidien.

Ils squattent le 1er étage et les gens défilent pour acheter de la drogue. Ils ont des couteaux. Ils sont défoncés... Moi je ne sors plus après 21h. Je n'ose plus - un habitant de l'immeuble

Sentiment d'impuissance

Les policiers de la BAC, la brigade anti-criminalité passent pourtant régulièrement et procèdent à des interpellations, mais c'est loin de suffire. Le secrétaire régional du syndicat UNITE SGP Police Occitanie Didier Martinez explique que les dealers sont très organisés. Il y a des guetteurs, ceux qui stockent et ceux qui font l'échange. Quand la police intervient, les trafiquants ne se font jamais prendre avec de grosses quantités et derrière, ils n'ont pas de grosses peines de prison. "On a l'impression d'un puits sans fond. C'est épuisant et c'est très difficile de démanteler l'ensemble d'un réseau" déplore le responsable syndical, qui dénonce la lourdeur administrative et la lourdeur de la procédure pénale.

Ecoutez Didier Martinez, secrétaire régional de Unité SGP Police Occitanie

Didier Martinez estime que ce n'est malheureusement pas le seul cas sur Toulouse.

On voit aussi souvent le nom de policiers écrits sur les murs avec des menaces de mort ou des opérations promotionnelles affichées sur les murs: 4 barrettes achetées, la 5e offerte. C'est révélateur de l'impunité dont bénéficient les trafiquants dans ces quartiers - Didier Martinez

De son côté Toulouse Métropole Habitat, le bailleur social, s'estime un peu impuissant et en appelle à la police nationale. Le président de l'organisme HLM Franck Biasotto explique que des actions vont aussi être menées en interne. Il annonce "plus de médiateurs dans les immeubles qui posent problèmes" et "de nouveaux aménagements dans les halls de ces immeubles", pour tenter de faire face, car la situation devient critique. Tout le monde est d'accord pour le dire.

Ecoutez Franck Biasotto, le président de Toulouse Métropole Habitat