Société

A Toulouse, les pompiers font réviser les premiers secours aux futurs enseignants

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse et France Bleu jeudi 1 septembre 2016 à 21:02

Les pompiers de Haute-Garonne avec les étudiants de l'ESPE de Toulouse. Une journée pour les sensibiliser aux premiers secours.
Les pompiers de Haute-Garonne avec les étudiants de l'ESPE de Toulouse. Une journée pour les sensibiliser aux premiers secours. © Radio France - Stéphanie Mora

Pour la deuxième année, les pompiers de Haute-Garonne ont participé à la journée d'intégration des élèves de l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE). Ils ont animé des ateliers de prévention et en ont profité pour parler du statut de pompier volontaire, peu présent chez les profs.

Par petit groupe, les 140 aspirants professeurs passent par trois ateliers : ces étudiants qui préparent le concours de professeur des écoles ont eu droit à un rappel des gestes qui sauvent, une démonstration en situation réelle d'utilisation des extincteurs en cas d’incendie et ils ont même pu essayer une tenue de pompier !

"Ça nous donne des clés"

L'occasion pour les pompiers de faire passer quelques messages pour mettre en place une chaîne de secours performante. "Ils sont le début de la chaîne de secours en cas d’accident dans une école. Ils doivent nous contacter et avoir les bons réflexes", explique un pompier volontaire qui termine l’atelier sur les bandages et les numéros d’urgence. Les étudiants sont attentifs et posent beaucoup de question, conscients que dans quelques mois ils seront en première ligne. "Même si c’est très bref, ça nous donne déjà des petites clés pour des situations plus ou moins graves comme des brûlures, commente Maeva, sur le moment je ne sais pas si ce sera aussi clair dans notre tête mais au moins on aura des clés pour réagir. Bien sûr qu'avec tout ça on pense au contexte [des attentats] mais quand on sera en poste, je pense qu'on va nous en parler et nous expliquer comment réagir. On essaie d'être sereine !"

Reportage France Bleu Toulouse de Stéphanie Mora au coeur des ateliers des pompiers à l'ESPE de Toulouse

1200 pompiers volontaires et seulement trois enseignants parmi eux

Laurent Dyssli, formateur à l'ESPE de Toulouse, est l'initiateur de cette journée d’intégration. Pour ce pompier volontaire du Lot, il était important de profiter de cette journée un peu spéciale pour nouer un contact avec le monde des secours : "C’est bien de sortir de l’univers de l’école. Dans ma caserne j’ai la chance de travailler avec un boulanger, un maçon, un médecin… Et de travailler avec eux sur un engagement citoyen, j’y trouve personnellement beaucoup de satisfaction. Et puis être pompier, ça m’a rassuré dans mon activité d’enseignant. Je lis mieux les signes de malaises des élèves, je sais prendre les bonnes mesures en cas de bousculades, de choc. On a des formations premiers secours mais c’est insuffisant. Et puis bien sûr le contexte fait que ce genre de formation va s’intensifier dans les établissements scolaires."

Les futurs professeurs des écoles expérimentent les gestes pour libérer une personne qui a avalé un objet et s'étouffe - Radio France
Les futurs professeurs des écoles expérimentent les gestes pour libérer une personne qui a avalé un objet et s'étouffe © Radio France - Stéphanie Mora

Cette journée à l’école des profs était aussi l’occasion pour les pompiers de recruter des volontaires. Sur les 1200 pompiers volontaires engagés dans le département, les enseignants qui portent l'uniforme se comptent sur le doigt d'une main : 3 ! Le colonel Patrick Touflet, le patron du SDIS de Haute-Garonne, aimerait qu’ils soient plus nombreux : "un professeur des écoles transmet des messages dans la population. On signe quelques dizaines de convention par mois [dans différents corps de métier, pour recruter des hommes et des femmes qui deviennent volontaires, NDLR] mais le problème ce n’est pas le nombre, c’est la disponibilité. Avant un pompier naissait dans sa commune et y travaillait. Il était en contrat dans une caserne pendant 30 ans. Aujourd’hui, il naît dans une ville, étudie dans une autre, travaille encore plus loin et c’est compliqué de le garder avec nous.'

"Nous signons quelques dizaines de conventions de pompiers volontaires par mois" Le colonel Touflet du SDIS 31

Voilà pourquoi en plus des enseignants, les pompiers, le Conseil départemental et la Chambre des Métiers lanceront prochainement une campagne de recrutement auprès des artisans et des employés de mairie. Souvent plus proches de leur lieu de vie et donc d’une caserne.

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