Société

Toulouse : les voisins du restaurant de Jean-Pierre Rives n’ont pas été à la fête cet été

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse vendredi 9 septembre 2016 à 20:27

Les riverains gardent le sourire mais racontent un été d'insomnie. En arrière plan, la façade grise de La Centrale.
Les riverains gardent le sourire mais racontent un été d'insomnie. En arrière plan, la façade grise de La Centrale. © Radio France - Stéphanie Mora

Pour le premier été d'exploitation, le bar-restaurant la Centrale a fait l'objet de 360 appels par près de 140 personnes différentes pour tapage nocturne auprès d'Allo Toulouse. Le collectif de riverains engage un bras de fer, la mairie et les propriétaires veulent temporiser.

360 appels de plainte selon le maire de quartier, des mesures du niveau sonore, des réunions de conciliation mais rien n’y a fait.

Les habitants de la barre d’immeuble située juste en face de la Centrale racontent un été cauchemardesque

Les plus touchés furent ceux qui vivent dans les étages supérieurs, ils disent avoir subi des nuisances sonores tous les soirs d'ouverture de ce restaurant que Jean-Pierre Rives, l'un des propriétaires voulait comme un lieu "bienveillant" et de détente. "Surtout ne déranger personne!" prévenait Casque d'or en juin au micro de France Bleu Toulouse. "C’est pas tellement parfois le volume sonore ce sont les basses qui vous tapent dans le cœur en permanence et puis le bruit des voitures des fêtards. Je me lève tous les jours à 6h30 ben j’ai passé des nuits de 4 heures" témoigne Paule qui habite au 10e étage.

Pierre poursuit : "Il fallait choisir : est-ce que l’on dort fenêtres fermées et on crève de chaleur ou alors on a un peu de fraîcheur mais avec le boom boom boom jusqu’à 2 ou 3h du matin ? La fatigue qui s’installe, le stress pour la vie de famille c’était compliqué". "Ça été une horreur, une invasion !" se lamente Danielle. Cette septuagénaire vit au 11e étage pile en face de l'établissement. Très active dans le collectif des riverains de la Digue-Croix de pierre elle dit avoir été obligée de se réfugier chez des amis pour dormir. Danielle pense avoir une explication au phénomène : "160 mètres de Garonne nous sépare, mais l’eau transporte le bruit et notre barre d’immeuble fait écho".

Témoignages des habitants qui vivent en face du restaurant La Centrale

Le collectif des riverains de la Digue-Croix de pierre qui regroupe une centaine d’habitants de la barre d'immeuble (sur un millier de personnes environ) a fini par déposer deux plaintes. Une auprès du commissariat pour tapage nocturne la veille lors de la soirée de clôture de la saison le 7 septembre.

"Le son était vraiment très fort, on l’a vécu comme une provocation" disent les riverains qui mettent en doute la légalité de cette ultime soirée, hors des délais d’exploitation selon eux, ce que conteste la mairie. Une autre plainte a été déposée par courrier auprès du procureur, signée par 47 personnes, pour les nuisances occasionnées tout au long de l'été. L’un des patrons de la Centrale contacté ce vendredi n'était pas informé des plaintes en cours.

Le collectif des riverains de la Digue-Croix de pierre décidé à engager un bras de fer

L'avenir de La Centrale est encore suspendu à une modification du plan local d'urbanisme (PLU) mais il s'inscrit dans le grand projet de réaménagement de l'île du Ramier en "central park à la toulousaine". Même si l'enquête publique a donné son feu vert à la pérennisation de La Centrale moyennant quelques travaux les riverains sont décidés à engager un bras de fer. Si le PLU prend en compte l’installation définitive du bar-restaurant, le collectif saisira au tribunal administratif.

Christian Armengaud est un des membres du collectif : "Nous avons l’impression que les riverains ne rentrent pas en compte dans le projet de la mairie. Nous sommes pour un aménagement concerté, pour que l’on puisse tous profiter de cet espace remarquable, au niveau naturel aussi d’ailleurs".

Christian Armengaud, membre du collectif de riverains de la digue-Croix de Pierre

La ville reste déterminée à trouver une solution pour préserver les 24 emplois du restaurant dont Jean-Pierre Rives est copropriétaire et la tranquillité des riverains. Franck Biasotto, le maire de quartier, a mené plusieurs réunions en présence du collectif et des responsables de La Centrale cet été. Des mesures sonores ont été prises, l'élu a notamment demandé la fermeture de l’établissement une heure plus tôt dès la fin juillet. Mais à l’issue de cette première saison, Franck Biasotto reconnait au micro de France Bleu Toulouse qu’il faut chercher d’autres solutions pour "un éventuel autre exercice", il dit avoir pris la mesure de la colère des riverains.

Franck Biasotto le maire de quartier : "je suis convaincu que l'on peut concilier activité commerciale et tranquillité des résidents"

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