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Toulouse : publication du journal d'une adolescente juive sous l'Occupation

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Par , France Bleu Occitanie

A 88 ans la toulousaine Marise Crémieux-Hurstel publie et lègue au mémorial de la Shoah le manuscrit original de son journal intime écrit sous l'occupation.

Marise Crémieux-Hurstel, Serge Klarsfeld et Jacques Fredj
Marise Crémieux-Hurstel, Serge Klarsfeld et Jacques Fredj © Radio France - Julien Laignez

C'est une vieille dame dont les souvenirs d'adolescente remontent à la surface. Ce mardi 23 février, au siège du conseil départemental de la Haute-Garonne,  Marise Crémieux-Hurstel vient de remettre au mémorial de la Shoah l'original manuscrit  de son journal intime écrit en cachette  pendant et après la guerre.  L' ouvrage Journal d'une adolescente juive sous l'Occupation est également publié aux éditions Privat ( 155 pages, 14,50 euros co-écrit avec sa belle-fille Nicole Zimermann).

Réfugiée à Oppède-le-Vieux en Provence puis à Paris, sous un faux nom :  " Marise Camus", cachée avec son frère par une famille catholique à Paris, l'adolescente a 15 ans lorsqu'elle commence son journal le 22 janvier 1943. Le père de Marise sera ensuite  arrêté et déporté ( après avoir été dénoncé par son ex-secrétaire). La jeune fille signe son journal sous son vrai nom et conserve secrètement son cahier dans son cartable. Malgré ces risques elle n'a  jamais été arrêtée.

Aujourd'hui, la vieille dame évoque difficilement cette période :

"Je voudrais vraiment les oublier les souvenirs mais ils reviennent sans arrêt. j'ai écrit ce livre pour mes enfants et mes petits enfants, pour qu'ils connaissent notre vie, qui a été bien dure mais en même temps pleine d'espoir". Marise Crémieux-Hurstel

Le journal raconte toute la deuxième partie de la guerre vue à travers le regard d'une adolescente juive qui doit se cacher pour rester en vie mais qui profite des (rares) bons moments de la vie comme n'importe quelle adolescente ( comme par exemple l'achat de boucles d'oreilles ou d'une nouvelle robe). Le 6 juin 1944, Marise s'écrie dans son journal en lettres majuscules : " LES ALLIES ONT DEBARQUE  DANS LE NORD DE LA FRANCE ! LES BOCHES SONT FOUTUS  ... VIVE LA LIBERTE QUI APPROCHE".

Le journal intime s'achève  après la guerre sur sa rencontre avec son futur mari, le toulousain Claude Hurstel qu'elle épousera en 1953 à Toulouse où elle vit depuis.

Témoignage de Nicole Zimermann, ancienne journaliste à France 3, belle-fille de Marise Crémieux-Hurstel, co-auteur du jounal d'une adolescente juive sous l' Occupation.

Nicole Zimermann belle-fille de Marise Crémieux-Hurstel

Reportage de Julien Laignez

Témoignage de Marise Crémieux-Hurstel

Extrait du Journal d'une adolescente juive sous l' Occupation

"Il y a cinq ans ( ...) la maîtresse, Mademoiselle Emilie, nous avait demandé de lever la main pour savoir qui était catholique, qui était protestante et qui était juive. Moi, je ne savais même pas que j'avais une religion, et surtout pas que ma religion était juive, puisque chez moi, on dit qu'on est israélite ( je croyais que c'était quelque chose d'un peu magique, puisque ma grand-mère dit toujours qu'il ne faut pas avoir peur de la foudre parce qu'elle ne tombe pas sur les maisons israélites ...) Et j'avais plutôt envie d'être protestante, parce que je trouve que ça sonne bien. Alors j'ai levé la main quand la maîtresse a proposé protestante (...) Et aujourd'hui, j'ai rencontré mon ancienne maîtresse  de 7e dans la cour du lycée, et elle m'apostrophe durement en me disant que j'étais une menteuse lorsque, cinq ans auparavant, j'avais assuré que j'étais protestante : "tu es juive". Et du coup, mes deux meilleures amies ne veulent plus me parler, soi-disant parce que je suis une menteuse. Moi, je sais bien que c'est parce que je suis juive. Mais cela me fait de la peine".

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