Société

Les députés donnent leur feu vert à Tours Métropole

Par Boris Compain, France Bleu Touraine jeudi 15 décembre 2016 à 11:36

La présence d'un tramway, d'une gare TGV, de grandes entreprises, sont quelques-uns des atouts qui ont fait pencher la balance en faveur de Tours
La présence d'un tramway, d'une gare TGV, de grandes entreprises, sont quelques-uns des atouts qui ont fait pencher la balance en faveur de Tours - CC by Cramos

Après des mois de suspense, les députés ont finalement tranché ce jeudi matin en faveur de Tours. Ils accordent le statut de Métropole à l'agglomération tourangelle et ses 22 communes. Quels changements attendre? Quels intérêts? Quels atouts?

C'est un épisode crucial dans une bataille menée depuis plusieurs mois par le Préfet d'Indre-et-Loire et les élus de droite comme de gauche de l'agglomération tourangelle. Les députés viennent de donner leur accord pour que Tours entre dans le club des 22 métropoles françaises.

Métropole française, un club très fermé

Le budget de Tours Métropole grimpe mécaniquement à 550 millions d'euros, 150 millions de plus que l'actuel budget de la communauté d'agglomération (c'est quasiment le budget du conseil départemental). Le nombre d'agents passe mécaniquement de 700 à 1500 par les transferts de compétences des municipalités vers la Métropole. C'est là le premier intérêt de la Métropole. L'agglomération récupère des compétences : la voirie, les espaces publics, la gestion de l’eau, ou encore les politiques d’urbanisme. Autre changement, le Conseil Départemental d'Indre-et-Loire perd également (volontairement) une partie de ses compétences sur l'arrondissement de Tours Plus : le fonds de solidarité logement, les aides aux jeunes en difficulté et la voirie.

Tours Métropole va clairement être plus autonome

Tours Métropole pourra participer directement aux négociations sur le Contrat de Plan Etat-Région, et obtenir des aides substantielles pour l'hôpital, ou encore le futur ligne de tramway. Elle aura aussi un lien privilégié avec l'Etat, avec une aide directe chaque année de cinq à six millions d'euros. Et pour les habitants, qu'est-ce qui va changer? Et bien "pas grand chose" disent les élus de Tours Plus. "Les mairies seront toujours les interlocutrices directes".

Le dossier de Tours Plus avait pourtant une faiblesse : pas assez d'habitants, loin des 400 000 requis, mais ce défaut a été compensé par de nombreux autres points forts.

  • Avoir sur son territoire des entreprises de niveau mondial, comme Michelin, Sanofi, SKF ou STMicroélectronics

  • Une université avec 25 000 étudiants et des effectifs en hausse de 8% entre 2008 et 2013

  • un CHRU, des organismes de recherche prestigieux, comme le CEA ou l'INRA.

  • L'implantation de l'armée a joué aussi.

  • et puis bien sur, la présence de toutes les infrastructures a pesé : tramway, autoroutes, aéroport, gare TGV permettent d'accéder facilement à Tours, d'où qu'on vienne.

Un dossier de candidature d'une centaine de pages envoyé au ministère de l'Intérieur

Pour que sa candidature soit acceptée, Tours a également présenté quelques projets importants pour les années à venir. On retiendra notamment la lancement d'une seconde ligne de tramway dès 2019, mais aussi le développement de l'Université, du Centre Hospitalier Régional Universitaire, de l'offre cyclotouristique.

Après ce vote positif des députés, le texte va maintenant faire une nouvelle navette entre le Palais Bourbon et le Sénat, avant un éventuel passage devant le conseil constitutionnel. Le décret gouvernemental entérinant définitivement la création de Tours Métropole devrait paraitre début 2017.