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Dossier : Coronavirus Covid-19

Tous confinés : Pour la chef du Lanaud Anne Alassane, "cuisiner est une façon de se rendre heureux"

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Par , France Bleu Limousin

Anne Alassane, chef de cuisine et patronne du restaurant Le Lanaud à Boisseuil près de Limoges, nous a ouvert ses portes pour nous raconter son confinement. Elle passe beaucoup de temps à préparer des bons petits plats qu'elle offre ensuite au personnel du CHU.

Anne Alassane en cusine avec d'autres bénévoles pour préparer des repas au personnel du CHU de Limoges
Anne Alassane en cusine avec d'autres bénévoles pour préparer des repas au personnel du CHU de Limoges - Anne Alassane

Malgré le confinement, Anne Alassane n'a rien perdu de son caractère. Lauréate de l'émission Masterchef en 2010 et aujourd'hui aux commandes du restaurant Le Lanaud à Boisseuil près de Limoges, elle ne perd pas son temps. Avec l'altruisme comme fil conducteur.

Pour moi la cuisine, c'est un antidépresseur

Comment se passe cette période de confinement pour vous Anne Alassane ?

Les débuts ont été un peu compliqués. C'était un peu brutal. Il a fallu régler tous les problèmes administratifs liés aux salariés. J'ai une entreprise avec 8 personnes qui travaillent là. Il y a eu 10 jours très difficiles. Et puis le rythme s'est mis en place. On a réglé tout ça avec le comptable. Une fois que tout était stabilisé, j'ai commencé à tourner en rond. J'ai téléphoné un peu partout pour proposer mes services bénévolement. Ce que je sais faire, c'est la cuisine et je voulais aider. Je me suis dis pourquoi pas faire des repas pour ceux qui en ont besoin. Le directeur du CHU m'a dit que cela ferait très plaisir à tous les services, que cela leur remonterait le moral et les aiderait en ces moments difficiles de recevoir des repas. Du coup, avec d'autres bénévoles, je fais des repas pour le CHU. J'ai mis en place tout un réseau de fournisseurs qui nous offrent des produits. Je les remercie ! Avec ce système là, on arrive à faire des supers repas à pas cher. On a pu faire plein de plats différents. De la blanquette de veau, des pâtes à la carbonara, de la saucisse purée, un ami boucher nous a amené des supers boudins qu'on a préparé avec des pommes sautés, des quiches... Plein de choses avec les produits et les légumes qu'on nous offre.

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Gérer mes choix

De se rendre utile, d'aider les autres, est-ce que cela vous aide aussi à traverser cette période ?

Complétement. Pour moi la cuisine, c'est un antidépresseur. Déjà, quand on aide et quand on donne, on s’enrichit. Et en plus, en cuisinant, on se fait plaisir ! La cuisine, c'est un métier de passion. Les gens dont c'est le métier aiment donner, procurer du plaisir. C'est une façon de se rendre heureux.

Du coup, vous êtes bien occupée !

La cuisine pour le CHU trois fois par semaine. De façon plus personnelle, je vais aussi trois matins par semaine aux Restos du Cœur pour faire de la distribution de dépannage donc oui, je suis assez occupée -rires- !

Ce n'est pas en recommençant en septembre qu'on va pouvoir remonter

Et le reste du temps, vous l'occupez comment ?

Je profite bien de ma petite famille. Ce que je ne peux pas faire d'habitude. Et cela me fait très plaisir. J'ai tous les après-midi et les soirs à la maison. C'est chouette ! On profite en famille. on a la chance d'être confinés tous ensemble. C'est super. Nous sommes huit à la maison. Plus tous les animaux de compagnie. On a des soirées bien animées. Ça remonte le moral quand les décisions sont un peu compliquées. Parce qu'on a peur pour l'avenir. Forcément.

Le secteur de l'hôtellerie restauration est très impacté par la crise. Il y a toujours beaucoup d'incertitudes concernant les réouvertures. Dans quel état d'esprit êtes vous ?

Tout est totalement flou. C'est ce qui m'a un peu énervé au début. C'est vrai que j'ai pris une position que certains n'ont pas apprécié (elle n'a pas fermé dès le 1er jour du confinement). Après, je suis comme je suis. J'assume mes choix. Mais je trouvais ça brutal alors que deux jours avant, il y avait des matches de foot qui n'ont pas été interdits. C'était brutal pour nous qui sommes de petites entreprises. On est souvent indépendant. Tout mon personnel est au chômage partiel mais moi je n'ai pas le droit au chômage en tant que cheffe d'entreprise. On se pose des questions car tout est flou pour l'avenir. J'ai déjà perdu ma saison de séminaires. Je suis en train de perdre ma saison de mariages qui démarre en mai. Cette année, j'ai un chiffre de moins 500 mille. C'est un peu bizarre de parler d'argent mais il ne faut pas le cacher et se mettre la tête dans le sable. La réalité, elle est là. Comment on va rebondir ? Comment récupérer l'année ? Ce n'est pas en recommençant en septembre qu'on va pouvoir remonter. Et encore, j'ai de la chance. Mon restaurant débutait sa 5e année. C'est un gage de confiance des clients et cela veut dire que le restaurant est "posé". Mais je pense à tous les collègues, indépendants, artisans, tous ceux qui ont des restaurant de moins de deux ou trois ans, avec une trésorerie faible, pas encore bien lancés. On en voit qui commence à fermer. C'est triste. C’est dur. On se demande comment on va se remettre de tout ça. 

Essayer de relativiser en se disant qu'on est en vie

Pour finir, auriez-vous un conseil à nous donner pour mieux vivre cette période si particulière ?

Je n'ai pas vraiment de conseil. Tout le monde le vit à a façon. Mais il ne faut pas se décourager. Il faut essayer de profiter au maximum de ses proches quand ont peut. Je pense à tous les gens qui sont tout seul. Maintenir le contact. Se téléphoner. Essayer de ne pas rester tout seul à ruminer dans son coin. Se faire aider. Essayer d’avancer malgré tout. Et prendre les choses de façon positive. J'ai beaucoup vécu en Afrique où on relativise beaucoup. Il y a aussi des maladies graves, qui tuent, qui rendent handicapé à vie. Mais les gens relativisent toujours. Ça, je pense que je l'ai appris là bas. Il faut essayer de relativiser en se disant qu'on est malade ou pas, mais en tout cas, on est vivant. 

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