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Société

Toussaint : au cimetière toulousain de Terre-Cabade, les indigents ne sont pas laissés de côté

mardi 31 octobre 2017 à 18:25 Par Nolwenn Quioc, France Bleu Occitanie

Ce sont des tombes toutes simples, la plupart du temps sans aucune inscription : les tombes des indigents, ceux qui n'avaient pas les ressources suffisantes pour payer leurs obsèques. La loi oblige la collectivité à les prendre en charge. Reportage à Toulouse au cimetière de Terre Cabade.

L'emplacement qui semble vide entre la tombe recouverte de lierre et celle avec les plaques est en fait une tombe "d'indigent"
L'emplacement qui semble vide entre la tombe recouverte de lierre et celle avec les plaques est en fait une tombe "d'indigent" © Radio France - Nolwenn Quioc

Toulouse, France

On passe devant sans même se rendre compte qu'il s'agit de tombes. Parfois, c'est un monticule et une petite plaque en bois ; pour les plus anciennes, le temps a fait sont oeuvre et elles ressemblent juste à un emplacement vide. Ce sont les tombes des "indigents", ceux qui, au moment de leur mort, n'avaient pas assez de ressources pour financer leurs funérailles. C'est donc la métropole de Toulouse qui a payé leur inhumation.

"C'est une obligation légale, mais au-delà de ça, je pense qu'on a un devoir moral vis-à-vis de ces personnes, estime Ghislaine Delmond, l'élue en charge des cimetières à Toulouse Métropole. Ce sont des personnes qui ont souffert pendant leur vie, c'est normal qu'on prenne en charge leurs funérailles".

Une soixantaine d'enterrements par an sur la métropole toulousaine

Il s'agit souvent de personnes seules, qui n'ont plus de famille proche, parfois des SDF, mais aussi parfois de personnes dont la famille n'a pas de ressources. Chaque année, la métropole procède à l'inhumation d'environ 60 "indigents"'.

Ecoutez le reportage au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse

Et plutôt que de créer un carré des indigents, une parcelle qui leur serait réservée, à Toulouse, ils sont enterrés au milieu des autres défunts. "On n'a pas voulu exclure ces personnes qui l'ont déjà été toute leur vie", explique Ghislaine Delmont. "'Le cimetière étant ancien, nous avons plein de petites places où il n'est pas possible de construire des tombes traditionnelles ou des caveaux, ajoute Hubert Gesse, le conservateur du cimetière de Terre-Cabade. Nous réservons donc ces emplacements pour ceux qu'on appelle les indigents". Lors de l'enterrement, une plaque avec le nom et les dates de naissance et de mort du défunt est apposée sur un support en bois. Mais faute d'entretien, elle disparaît au fil des années.

Des concessions de 5 ans

Au pied d'un arbre ou entre deux tombes, ils trouvent donc un peu de répit, mais pas forcément éternel. La loi autorise en effet les communes à récupérer les concessions au bout de 5 ans, ce qui signifie que les corps peuvent être transférés dans un ossuaire. "Mais à Toulouse, on ne le fait que si on manque de place, ce qui n'est pas encore le cas", précise Ghislaine Delmond.

L'élue Toulousaine s'inquiète toutefois de l'augmentation du nombre d'enterrements pris en charge par la collectivité : "Peut-être y a-t-il plus de précarité, les gens sont plus isolés, plus isolés de leur familles". Le coût pour la métropole : 100 000 euros par an. Dans le cas où les dernières volontés du défunt sont connues, les pompes funèbres municipales peuvent aussi procéder à la crémation du corps.