Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Toussaint : des fleurs pour les morts de la rue, à Grenoble

jeudi 1 novembre 2018 à 19:39 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

Cérémonie émouvante en ce 1er Novembre, au cimetière du Grand Sablon à Grenoble. L'association Les morts de la rue a organisé, comme chaque année, un hommage au Carré Commun où sont enterrés les sans-domicile-fixe et les indigents. Des fleurs ont été déposées sur chaque tombe et un texte a été lu.

Le carré commun a été fleuri, en ce jour de Toussaint, pour rendre hommage aux morts de la rue
Le carré commun a été fleuri, en ce jour de Toussaint, pour rendre hommage aux morts de la rue © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Ils s'appelaient Richard, Jean-Louis, Ahmed, ou le gros Mich. Et ils reposent dans le carré 16 du cimetière du grand Sablons à Grenoble. Avant, on appelait cet endroit, la fosse commune. A présent, c'est le carré commun.

une journée contre l'oubli

Michelle fait partie de l'association Les morts de la rue. Depuis 5 ans, chaque 1er Novembre, elle leur rend hommage. "Ces gens n'avaient plus de famille, ou pas assez d'argent pour se payer un enterrement et une pierre tombale. Alors nous, on est là pour qu'on ne les oublie pas. Pour penser à eux, au moins une fois dans l'année. Je ne les connaissais pas forcément tous. Mais ce n'est pas l'important. "

Les bénévoles de l'association fleurissent les tombes de ceux que tout le monde a oubliés - Radio France
Les bénévoles de l'association fleurissent les tombes de ceux que tout le monde a oubliés © Radio France - Véronique Pueyo

Puis, Michelle lit un texte de Saint-Exupéry, sur le passage de la vie à la mort. Autour d'elle, les bénévoles de l'association écoutent, en silence, recueillis. "Quel gâchis !" dit-elle "La plus jeune qu'on a enterrée s'appelait Léa, elle avait 16 ans. c'était il y a deux ans. Elle a été fauchée par une voiture, alors qu'elle marchait la nuit, au bord de la route. Il faudrait éradiquer ce malheur. Mais il faut que l'Etat s'engage plus"

Puis,  des fleurs sont déposées sur chaque tombe. Les tombes sont très sommaires, juste un pieu en bois planté, à même le sol, avec une plaque et un nom, ou un surnom et le plus souvent une seule date, celle de la mort.  "On connait souvent très peu de choses sur ces personnes. C'est triste. Cela prouve combien leur vie a été dure." dit Monique

Avant de mourir dans la solitude et l’indifférence, ces personnes qui vivaient dans la rue n'existaient déjà plus pour les gens qui passaient sans les voir. 

Une tombe, dans le Carré commune - Radio France
Une tombe, dans le Carré commune © Radio France - Véronique Pueyo

Guy Thomas milite à l'association les morts de la rue et il lance cet appel à chacun d'entre nous : "Ce sont nos frères ! Quand vous les croisez dans la rue, il ne faudrait pas détourner le regard. Ils ne veulent pas forcément de l'argent ! Parfois, juste un regard bienveillant ou un sourire peuvent les aider à passer la journée." explique-t-il.

Dans la rue, en moyenne, on meurt à 50 ans

Il faut savoir que si en France l’espérance de vie est en moyenne de 80 ans, elle chute à 50 ans pour tous ceux et celles qui vivent dans la rue. En 2018, à Grenoble, 8 personnes ont été inhumées dans le carré commun.