Société

Toussaint : à quoi ressembleront les obsèques du futur?

Par Julie Guesdon, France Bleu vendredi 1 novembre 2013 à 9:00

Capture d'écran d'une simulation 3D du processus de résomation
Capture d'écran d'une simulation 3D du processus de résomation

Face aux problématiques de place et aux enjeux écologiques de plus en plus importants, l’industrie des pompes funèbres rivalise d’innovations pour proposer aux défunts et à leurs proches des funérailles sur mesure.

Saviez-vous que nos cadavres ne se décomposent plus aussi vite qu’avant ? En Allemagne, les fossoyeurs ont eu la mauvaise surprise de retrouver des corps à peine décomposés huit ou dix ans après leur inhumation. La raison : une surconsommation de conservateurs qui aurait les mêmes effets sur le corps humain, à terme, qu’un embaumement. Bonne nouvelle pour les historiens du futur, certes, mais probablement pas pour la gestion des cimetières où les places manquent souvent déjà.

Nouvelles techniques de désintégration des corps

La raréfaction des places, déjà préoccupante depuis plusieurs années, a poussé les scientifiques à se pencher sur de nouvelles manières de faire disparaître les corps : la promession et la résomation.

Technique développée par une scientifique suédoise, la promession, plus simplement appelée "bio-crémation", consiste à plonger le corps dans l’azote liquide. Ainsi refroidit à –196°C, le corps est devenu friable. Placé sur une table vibrante, il tombe en poussière.

A côté de cela, les Ecossais se sont penchés sur la résomation. L'opération consiste à dissoudre les corps dans une solution basique. Les matières organiques sont rongées et le reliquat, principalement composé par les os, est broyé en fines particules.

Retour aux sépultures écologiques

Pour ceux que la technologie rebute, d’autres types d’obsèques retrouvent l’intérêt des entreprises funéraires, notamment pour leur aspect écologique. Devant le lourd bilan carbone d'une inhumation (plus de 1000 T de dioxyde de carbone sont nécessaires pour la fabrication et l'importation du marbre, du cercueil et la disparition totale du corps du défunt, soit 1/7e d'un voyage en avion) ou d'une crémation (qui demande au four d'atteindre une température de près de 1000°C), certains pays anglo-saxons proposent à nouveau l'inhumation en mer. Face à l’étendue des océans, il n’y aurait pour le moment aucun impact sur l’environnement à immerger des corps et, en théorie, bien assez de place pour tout le monde, sauf si les poissons deviennent végétariens.

Moins original, certaines églises tentent de disposer des sépultures les plus naturelles possibles. Les corps, recouverts de draps en lin ou habillés de matières biodégradables et placés dans des cercueils en pin ou en roseau sont enterrés directement dans le sol sans caveau ni pierre tombale. Seule une pancarte en bois –ou une puce GPS !- indique l’endroit où se trouve le défunt.

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