Société

Maher, demandeur d'asile irakien : "Tout ce que je veux, c'est vivre en sécurité"

Par David Ravier, France Bleu Béarn dimanche 17 janvier 2016 à 6:22

Maher demande l'asile politique après avoir été persécuté en Irak
Maher demande l'asile politique après avoir été persécuté en Irak © Radio France - David Ravier

Comme Maher*, plus de 300 personnes ont fait des demandes d'asiles dans les Pyrénées-Atlantiques en 2015.

Maher* a le sourire, mais ça n'a pas toujours été le cas. Cet irakien de 30 ans, ingénieur en agronomie, a fui la ville de Bagdad (Irak) avec sa femme et ses deux enfants à la fin du mois de novembre. Il a réussi à avoir un visa pour venir en France. Arrivé à Pau depuis près de deux mois, Maher attend toujours d'être régularisé pour avoir le statut de réfugié politique. 

A la fin du régime de Saddam Hussein en avril 2003, Maher et sa famille voient la situation du pays changer. Des milices ont pris le contrôle du quartier dans lequel il vivait. Au fur et à mesure, les miliciens ont pris de plus en plus de pouvoir au sein du gouvernement, ce qui a aggravé la situation du pays. "La milice avait la mainmise sur le quartier où j'habitais. Malgré ça, on supportait cette situation même si elle était troublante." 

Maher étant musulman sunnite, il était régulièrement persécuté par les miliciens qui étaient pour la plupart chiites. Pour que cessent les persécutions, Maher a donné des renseignements pour faire emprisonner un chef de milice de son quartier. Même si tout n'est pas parfait, la vie reprend son cours pour Maher et les siens.

"En Irak, il n'y a aucun endroit où je me sens en sécurité"

En 2012, le groupe terroriste autoproclamé Etat Islamique d'Irak (EII), a de plus en plus d'influence  dans le pays. Si l'organisation terroriste n'était pas aussi puissante qu'elle l'est actuellement, l'emprise qu'elle avait à ce moment-là sur l'Irak a progressivement fait basculé la vie de Maher. "Avec l'arrivée de l'EII, les portes de prisons ont été ouvertes et les miliciens se sont retrouvés partout, y compris au gouvernement. Ils ont commencé à chercher les personnes qui ont participé à leurs arrestations." 

A mesure que les terroristes structuraient leur organisation, la sécurité des habitants déclinaient, jusqu'à l’événement déclencheur. Retrouvé par le milicien dont il avait aidé l'arrestation, Maher a échappé de peu à une tentative de meurtre au début de l'été 2015. c'est ce qui l'a poussé à fuir. Depuis, il a réussi à rejoindre la France en avion avec sa famille et a fait sa demande d'asile politique. Accueilli par des membres de la communauté irakienne à Pau, Maher souhaite rester en France pour l'instant car il s'y sent en sécurité. 

Comme lui, plus de 300 personnes ont fait une demande d'asile dans le département en 2015.

Ecoutez le parcours de Maher

*Le nom a été modifié

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