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Dossier : Gainsbourg, journée spéciale

Trente ans de la mort de Serge Gainsbourg : "Gainsbarre", parrain d'un club de vélo manchois

Portbail

Le 2 mars 1991, le chanteur Serge Gainsbourg disparaissait à l'âge de 62 ans. A l'occasion des trente ans de sa mort, France Bleu lui rend hommage. L'occasion de revenir sur ce chèque de 100.000 francs offert à un club de vélo manchois en 1989.

André Quentin, avec le maillot "Gainsbarre", et Serge Gainsbourg
André Quentin, avec le maillot "Gainsbarre", et Serge Gainsbourg

Gainsbourg, chanteur et parolier de génie, icône de provoc' et... généreux donateur pour un club de vélo manchois. Cette histoire, c'est un peu celle du flic de la "vieille canaille". Le pari osé d'un policier manchois, un fou de la petite reine, qui sollicite l'aide financière d'un des rois de la chanson française. En 1988, André Quentin, policier à Coutances, propose à son club de cyclisme de La Haye-du-Puits de lui "trouver du pognon". Pourtant d'un naturel timide à l'époque, le Manchois ne se fixe pas de limite. "Je me suis dit : dans le milieu du _showbiz_, il doit y en avoir pas mal". 

"Qu'est-ce que tu veux, p'tit gars ?"

Un jour, il tombe sur la revue de l'Orphelinat de la police et découvre que le chanteur Serge Gainsbourg a fait un don à un commissariat d'un arrondissement parisien. Le cycliste flaire la bonne échappée. Ni une ni deux, il contacte ses collègues de la capitale pour avoir le numéro de téléphone de la star. "Un soir, à 18h30, un mec me dit : "quitte pas, j'ai son meilleur pote qui est ici. Je te le passe. Tu te débrouilles". Finalement, je discute avec son meilleur pote, et je décroche ses coordonnées. 18h45, j'appelle chez Serge. Et là, il décroche : "qu'est-ce que tu veux, p'tit gars ?" Et là je lui explique que je voulais qu'il soit le parrain du club de vélo de La Haye-du-Puits. Sa réponse ? "Quand tu viens à Paris, tu viens me voir"", résume André Quentin. 

Un coup de culot qui débouche sur une rencontre en octobre 1988 au domicile de Gainsbourg. "Je suis resté une heure et demie avec lui. On a bu un petit coup, du sans alcool. J'ai même pu parler au téléphone avec Bambou", se souvient l'ancien policier. Et puis, les deux hommes en arrivent au sujet de la venue d'André : l'aide financière. 

Au début je lui demandais 300.000 francs. C'était peut-être un peu beaucoup. Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas m'aider tout de suite entre sa nouvelle maison pour le p'tit Lulu, les impôts, etc. Mais il m'a promis de m'aider

100.000 francs, c'est assez beau, non ? 

Le 4 juin 1989, nouvelle rencontre à 11 heures, encore une fois au domicile du chanteur. "Il avait une petite mallette, bien chargée de billets. Puis il a sorti son chéquier. Là, Serge m'a dit : "je n'y vois plus très bien donc tu vas le remplir et je vais le signer". Je tremblais en écrivant. Mais il a bien regardé si j'avais bien mis le bon nombre de zéros quand même", sourit l'ancien policier. Un don qui fait le tour des médias : tout le monde en parle ! 

100.000 francs à l'époque, c'était énorme pour un petit club ! 

Seule contrepartie : que le maillot de l'équipe soit blanc. Finalement, André Quentin réussit à négocier pour garder un peu de vert et de rouge, les couleurs du club. Et puis, le surnom de la star : Gainsbarre. "Il a bien insisté pour que ce soir avec deux r. Sinon, il aurait fait la gueule. Depuis sur le maillot, on a gardé un petit Gainsbarre", se remémore-t-il. La Gainsbarre qui est devenu ensuite une course cycliste dans la Manche en 2004 : une épreuve qui attire 180 coureurs en moyenne chaque année à Portbail (annulée en 2020 et 2021, pour cause de Covid). "J'ai été fâché avec un maire d'une petite commune par chez moi qui trouvait nul qu'on appelle cette course du nom d'un alcoolo (sic) ! Ce n'était pas une belle image selon lui. Mais, respectons ce geste, ce don magnifique !", note André Quentin. 

André Quentin a assisté aux obsèques de Serge Gainsbourg... avec les proches du chanteur

La première rencontre, c'est quand même un personnage. Mais il était le même qu'à la télé ! Il était gentil comme tout. On avait l'impression qu'on était deux potes. Peut-être parce que j'étais flic. On a copiné d'entrée, comme si on s'était vus dix fois. Certains diront que c'est parce qu'il ma donné du blé (sic). Non, la première fois, il ne m'a rien donné du tout. J'ai rencontré un mec génial !

Requiem pour un don

Nouveau coup de culot le jour des obsèques de Serge Gainsbourg, au cimetière du Montparnasse à Paris le 9 mars 1991. "J'espérais pouvoir assister avec les proches. Et mon rêve s'est réalisé. On avait fait _une gerbe aux couleurs du club_. Bon, il a fallu jouer des coudes et quelques mensonges auprès des flics", sourit André Quentin. En effet, à l'entrée principale, un policier lui interdit l'accès. Mais le Manchois ne se démonte pas, il va voir un major, qui lui donne un tuyau : un autre enterrement a lieu au même moment. André Quentin arrive à passer par un trou de souris... et se retrouve au milieu des Michel Drucker, Julien Clerc, Jane Birkin, etc. "De poser une rose avec ces gens-là, c'était impossible, mais le rêve s'est réalisé. Dire adieu à Serge comme ça, c'était grandiose", confie l'ancien cycliste. 

André Quentin a rencontré Serge Gainsbourg "quatre ou cinq fois", et notamment lors d'une émission Sacrée soirée en mars 1990 avec des membres du club de La Haye-du-Puits. 

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