Société

Tricastin : Areva va t-il supprimer des postes ?

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme-Ardèche jeudi 12 février 2015 à 18:53

Des salariés d'Areva ont cessé le travail et se sont rassemblés devant l'entrée Nord du site du Tricastin.
Des salariés d'Areva ont cessé le travail et se sont rassemblés devant l'entrée Nord du site du Tricastin. © Radio France - Nathalie Rodrigues

L'heure est au doute et à l'inquiétude chez les salariés d'Areva partout en France et sur le site nucléaire du Tricastin dans la Drôme. Il y a eu des débrayages d'une heure ce jeudi à l'appel de l'intersyndicale. Le groupe doit exposer ses résultats financiers, annoncés comme mauvais, et une feuille de route début mars. Les syndicats craignent des suppressions de postes et la vente de filiales.

Les syndicats appelaient les salariés à débrayer une heure ce jeudi sur le site nucléaire du Sud Drôme, comme sur toutes les autres plateformes du groupe Areva.Il traverse des difficultés financières, une feuille de route et un plan d'action doivent être annoncés par le PDG, Philippe Varin, début mars suite à un conseil d'administration et les syndicats craignent de la casse pour l'emploi notamment.

Areva Tricastin compte actuellement 2900 CDI mais 2500 personnes travaillent effectivement sur le site si on exclut les pré-retraites et les mises en disponibilité (chiffres direction).

Déjà entre 700 et 800 postes supprimés

Avec la mutualisation et l'arrivée de nouvelles usines, moins gourmandes en main d'oeuvre, il y a eu entre 700 et 800 suppressions d'emplois déjà ces trois dernières années d'après la CGT, qui craint que la masse salariale ne soit encore amputée pour faire face aux difficultés financières.

Autre crainte: la vente de filiales qui gravitent autour d'Areva et appartiennent au groupe aujourd'hui. Il s'agit d'entreprises comme Polinorsud à Bollène, STMI à Marcoule (petits démantèlements et décontamination), Canberra à Saint-Paul-Trois-Châteaux (fabrication d'appareil de mesures), TN International (spécialiste du transport de combustibles). L'idée de changer de groupe n'inspire pas confiance aux salariés de ces sociétés, qui se demandent quelles intentions auront les éventuels repreneurs, quelles conditions de travail leur seront proposées.

Les syndicats reprochent à la direction d'Areva ses mauvais investissements dans les mines d'uranium et son manque de maîtrise de la construction d'un EPR en Finlande, ce qui génére des surcoûts.

Areva Débrayages ENRO 2

Le taux de participation aux actions de débrayage de ce jeudi n'est pas connu. Ni direction ni syndicat n'avaient collecté les chiffres jeudi soir.