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Trois agents de l'hôpital de Dijon conviés au défilé du 14 juillet

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Par , France Bleu Bourgogne

Ils font partie des 800 soignants conviés à Paris. 3 agents de l'hôpital de Dijon seront reçus par le ministre de la Santé, puis assisteront au défilé militaire sur les Champs-Elysées. Un "hommage républicain" qui ne gomme pas les difficultés auxquelles les praticiens restent confrontés.

3 agents du CHU de Dijon sont conviés à Paris
3 agents du CHU de Dijon sont conviés à Paris © Radio France - Philippe Renaud

Ce sera une première pour ce jeune professeur de médecine. Patrick Manckoundia, le chef du pôle "Personnes âgées" du CHU de Dijon est invité à rencontrer le ministre de la Santé ce lundi soir à Paris au Grand Palais, puis mardi , il sera dans une tribune place de la Concorde pour assister au défilé militaire.

"C'est déjà une marque de reconnaissance importante de la République. Ce qui est bien, c'est qu'ils ont invité tous types de soignants, et même au delà tous les personnels de la santé"  apprécie  ce médecin.

Patrick Manckoundia supervise près de 400 lits en gériatrie, du service de jour jusqu'aux soins palliatifs. Il est accompagné à Paris d'une infirmière et d'un logisticien du CHU. 

L'Elysée convie 800 soignants et agents hospitaliers de toute la France afin de saluer leur engagement.  Le médecin dijonnais a eu le sentiment lui aussi d'être en première ligne de cette crise sanitaire "Dans nos services, on a eu trois fois plus de morts que d'habitude." soupire-t'il.

On manque d'effectifs 

Patrick Manckoundia apprécie que les soignants soient mis à l'honneur, mais cela ne gomme pas les difficultés du quotidien. "Si j'avais la  chance de parler au Président, je lui dirai que l'on fonctionne avant tout en flux tendu. On manque d'effectifs. Si quelqu'un est absent, tombe malade, tout est bloqué, vraiment on a aucune marge de manœuvre."

Patrick Manckoundia supervise près de 400 lits de personnes âgées au CHU de Dijon
Patrick Manckoundia supervise près de 400 lits de personnes âgées au CHU de Dijon - DR

Le "Ségur de la Santé", le fameux plan de revalorisation du gouvernement promet une augmentation de 490 euros bruts par mois pour les médecins. "C'est un premier pas, cela fait des années qu'il n y a pas eu d'augmentation, observe Patrick Manckoundia, mais cela reste en deçà des attentes des jeunes médecins. Cette amélioration ne gomme pas la différence avec le privé. Une augmentation deux fois plus importante, autour de 800 euros aurait rendu notre profession plus attractive."

Voici ce que Patrick Manckoundia demanderait s'il était face à Emmanuel Macron

"J'aurai donc un message pour le ministère et l'Elysée, c'est d'augmenter le nombre de médecins formés en gériatrie dans les structures publiques comme dans le privé. Nous sommes un pays avec une population vieillissante" rappelle Patrick Manckoundia.

Au Grand-Palais, comme dans les tribunes de la Concorde, les soignants garderont les gestes barrières, les distances sociales et à ne pas en douter le port du masque, car la perspective d'une deuxième vague de contamination rend ce médecin "très inquiet."

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