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Trois ans après, où en est le dossier du barrage de Sivens ?

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu
Barrage de Sivens, Lisle-sur-Tarn, France

Comme le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'idée d'un barrage à Sivens, dans le Tarn, a été abandonnée sur décision du gouvernement. Ségolène Royal avait acté cet abandon il y a trois ans, en 2015, quelques mois après la mort du jeune Rémi Fraisse. Que s'est-il passé depuis ?

La ZAD de Sivens a été évacuée en mars 2015 (photo d'archives, quatre mois plus tard).
La ZAD de Sivens a été évacuée en mars 2015 (photo d'archives, quatre mois plus tard). - PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

Mercredi 17 janvier, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé l'abandon définitif du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Il a proposé de moderniser celui de Nantes-Atlantique et demandé aux Zadistes d'évacuer les lieux.

Cette décision fait écho à celle de Ségolène Royal en 2015. Alors Ministre de l'Ecologie, elle enterre définitivement le projet de barrage initial (d'une capacité d'un million et demi de mètres cubes d'eau) sur la zone humide de Sivens, dans le Tarn. Trois mois plus tôt, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, un jeune toulousain de 24 ans, avait été tué par une grenade offensive lancé par un gendarme sur la "Zone à défendre" (ZAD).

Sivens, trois ans après, le temps des discussions

La ZAD est évacuée le 6 mars 2015 en quelques heures par les gendarmes mobiles, relativement calmement.   

Depuis, la zone humide du Testet, détruite par les travaux, a été restaurée grâce à des opérations engagées en août 2017. 

Par ailleurs, tous les acteurs sont parvenus à se mettre autour de la table.

Depuis neuf mois, associations écologistes, agriculteurs et élus se réunissent ainsi au moins une fois par mois et planchent sur un "projet de territoire de la vallée du Tescou". L'objectif est de se mettre d'accord sur la gestion de l'eau et l'activité agricole.

Vers un projet de territoire en juin 2018 

L'idée est de parvenir à un projet de territoire en juin 2018. Une charte a été signée en décembre 2017 pour acter les premières discussions.

"L'objectif est de rester dans la co-construction, explique Christophe Ramond, président PS du Conseil Départemental du Tarn. Le Département est acteur de cette co-construction, nous ne tiendrons pas le stylo pour rédiger ce projet de territoire", promet-il.

On se donne six mois, pas un jour de plus, pour définir des actions concrètes que l'on va inclure dans ce projet. Mais déjà, la gestion de l'eau n'est plus un tabou. Nous voulons maintenir une agriculture familiale et diversifiée, développer les circuits courts et le tourisme vert. Je suis sûr que l'on trouvera la meilleure solution, notamment pour régler ce problème en eau.  — Christophe Ramond 

Ecoutez l'interview de Christophe Ramond, avec Clémence Fulleda.

Christophe Ramond, président PS du Conseil Départemental du Tarn, invité de France Bleu Occitanie le 19 janvier 2018, à 7h50.

Discussions et dissensions

Mais en attendant, les points de désaccord restent importants. Ainsi, les associations écologistes ne veulent pas d'un nouveau barrage, elles pensent que l'on peut mieux gérer l'eau, puiser dans les réserves actuelles et changer les pratiques agricoles. 

C'était un pari de faire en sorte que les gens se reparlent. Cela prend du temps mais c'est du temps nécessaire pour que le projet soit accepté par tous. — Ben Lefetey, porte parole du "collectif Testet"

Les agriculteurs, eux, indiquent que les dernières études ont montré que ce n'était pas jouable. 85 exploitations sont concernées par le projet de territoire.

On ne veut pas perdre un temps infini en discussions mais on sait que reprendre des études c'est au moins 18 mois donc on se met dans une perspective de 2 ans. Quand il pleut tout va bien, mais sinon c'est compliqué, on a des vrais soucis d'irrigation de nos exploitations. - Philippe Jougla, président de la FDSEA 81

Plus d'1 million d'euros remboursés par l'Etat au Département du Tarn

Le Département du Tarn a par ailleurs récupéré une partie de l'argent promis par l'Etat. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, s’était en effet engagée dans un courrier à verser des indemnisations si le Département abandonnait définitivement le projet initial de barrage de Sivens et renonçait à tout recours contre l’Etat. 

3,4 millions d'euros devaient être versés.  "On travaille avec l'Etat, explique Christophe Ramond, président du Conseil Départemental du Tarn.  On est autour de 1,3 / 1,4 millions d'euros aujourd'hui."

Christophe Ramond, président PS du Conseil Départemental du Tarn
Christophe Ramond, président PS du Conseil Départemental du Tarn - Mickael Noel

Mort de Rémi Fraisse : un non-lieu contesté

Si les discussions autour de la gestion de l'eau avancent, en revanche l'enquête concernant la mort de Rémi Fraisse a elle connu un coup d'arrêt.

En effet, mardi 9 janvier 2018, les juges d'instruction toulousains ont rendu une ordonnance de non-lieu, conformément aux réquisitions du parquet, en faveur du gendarme qui avait lancé la grenade mortelle. La famille de Rémi Fraisse a fait appel. Elle a aussi déposé deux nouvelles plaintes en janvier 2017 contre les gendarmes et le préfet du Tarn.

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