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Société

Trois journalistes sarthois convoqués à la gendarmerie après un reportage sur une action de militants écologistes

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

Au départ, ces journalistes étaient convoqués pour leur éventuelle participation au "décrochage" du portrait du chef de l'État dans une mairie sarthoise. Une actualité qu'ils couvraient pour leur rédaction. Finalement, ils sont entendus comme témoins. Cette affaire suscite colère et inquiétude.

Des militants écologistes sont intervenus dans plusieurs mairies de France (illustration ici en Alsace) pour décrocher le portrait d'Emmanuel Macron, comme à Rouillon (Sarthe) le 23 mars 2019
Des militants écologistes sont intervenus dans plusieurs mairies de France (illustration ici en Alsace) pour décrocher le portrait d'Emmanuel Macron, comme à Rouillon (Sarthe) le 23 mars 2019 © Maxppp - Alain Cheval

Le Mans, France

Un journaliste du quotidien Le Maine Libre et un correspondant du journal Ouest France sont convoqués par les gendarmes, suite à la couverture d’une manifestation du « groupe action non violente COP 21 » de l’association Alternatiba, à Rouillon, commune située près du Mans. Une journaliste de la télévision locale Via LMTV, présente également ce jour-là, s’attend à être, elle aussi, convoquée prochainement.

VIDÉO -  Le reportage de Via LMTV

Le samedi 23 mars 2019, ces deux journalistes et le correspondant local suivent, pour le compte de leur rédaction, le « décrochage » du portrait d’Emmanuel Macron dans la mairie de cette commune de l’agglomération mancelle. Cette opération, menée par seize militants, vise à dénoncer « l’inaction du gouvernement et du chef de l’État face à l’urgence climatique », précise Alternatiba. L’association dit vouloir « réquisitionner » ce portrait jusqu’à ce que des actions fortes soient entreprises dans ce domaine. Selon les journalistes présents, cette action se déroule dans le calme ; le maire de Rouillon faisant toutefois part de son vif mécontentement.   

Non plus complices présumés, mais témoins 

D’après les informations recueillies par France Bleu Maine, l’élu porte plainte le jour-même, suite à ce « décrochage » et à la disparition du portrait. Dans la foulée, le Parquet du Mans décide d’ouvrir « une enquête contre X du chef de vol en réunion ». À la date du 3 avril, les gendarmes n’auraient cherché à contacter qu’un seul des participants à cette opération dans le cadre de leurs investigations. Le journaliste du Maine Libre est, lui, entendu ce jour.

LIRE - L'article du Maine Libre : "Le portrait du président décroché à la mairie"

Le rédacteur est initialement convoqué car il est « soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de vol en réunion ». Mais 1h30 avant le rendez-vous, les gendarmes lui remettent, en main propre, une nouvelle lettre dans laquelle la raison de la convocation est modifiée. Le journaliste est finalement entendu comme témoin. Cette qualification concerne aussi, d’après nos informations, la journaliste de Via LMTV qui devrait prochainement être convoquée, ainsi que le correspondant du quotidien Ouest France qui sera entendu le vendredi 5 avril.   

Le Procureur fait une mise au point

Pourquoi ce revirement ? Y-a-t-il eu erreur ? Il est, à ce stade, impossible de l’affirmer. Le Procureur de la République du Mans indique à France Bleu Maine qu’il n’est « en aucun cas question d’interroger les journalistes sur les conditions dans lesquelles ils ont été amenés à réaliser ce reportage ». Fabrice Belargent précise : « Un des témoins des faits a déclaré aux enquêteurs que l’un des journalistes avait fait une barrière visuelle entre elle et le groupe de personnes de manière à ce qu’elle ne puisse voir leur action ». Il s’agit de « vérifier ce point ».   

"Il en va du respect de la démocratie"

Il n’empêche, ces convocations provoquent l’indignation des journalistes concernés et de leurs responsables. « Je suis journaliste, pas auxiliaire de justice », affirme le rédacteur du Maine Libre. « C’est une entrave à la liberté de la presse », ajoute la journaliste de Via LMTV, par ailleurs présidente du club de la presse du Maine qui se dit « choquée ». Tandis que le directeur départemental de Ouest France « ahuri », fait part de son « inquiétude face à la judiciarisation croissante touchant les journalistes et les correspondants de presse». 

LIRE - L'article de Ouest France : "Près du Mans, le portrait d'Emmanuel Macron décroché dans une mairie"

Le Syndicat National des Journalistes, (SNJ) qui a, le premier mis cette affaire sur la place publique évoque « une situation assez inédite sous la cinquième République ». Le premier motif de convocation laissait entendre « que les journalistes pouvaient être complices ». Le syndicat demande qu’on « laisse les journalistes faire leur métier. Il en va du respect de la démocratie.» De son côté, l'association Alternatiba dénonce une « très grave atteinte aux libertés à prendre très au sérieux ».

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