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Société

Trois semaines après l'évacuation du squat "5 étoiles", les associations estiment que la situation est "pire qu'avant"

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Par , France Bleu Nord

Trois semaines après l’évacuation du squat baptisé "cinq étoiles", à Lille, dans le quartier de Moulins, les associations qui accompagnent les migrants dénoncent une situation « encore pire qu’avant ». Le 4 juin dernier, 160 personnes ont été évacuées. La moitié serait aujourd'hui dans la nature.

Le 4 juin 2019, les forces de l'ordre évacuaient le squat "5 étoiles" et ses 160 occupants, répartis dans neuf lieux de la région. Selon les associations, rien n'est réglé.
Le 4 juin 2019, les forces de l'ordre évacuaient le squat "5 étoiles" et ses 160 occupants, répartis dans neuf lieux de la région. Selon les associations, rien n'est réglé. © Maxppp - PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Lille, France

Le 4 juin 2019, le squat dit "5 étoiles", situé dans le quartier de Moulins à Lille, était évacué par les forces de l’ordre. Cent soixante personnes, venant notamment du Sénégal, de la Somalie, du Ghana, du Mali, y vivaient depuis un an et demi. Le "5 étoiles", ce n’était évidemment pas du luxe. Il s’agit d’un bâtiment qui appartient au bailleur social Partenord, et qui était vide. Ses occupants avaient au moins un toit sur la tête, et de l’eau courante. C’est pourquoi il avait été baptisé ainsi.

Et c’est au petit matin du 4 juin, alors que commençaient les préparatifs pour la fête de l’Aïd, que les forces de l’ordre étaient venus, sur ordre du préfet, évacuer ce lieu insalubre. Emmenés dans des bus, les habitants ont été répartis en neuf lieux : centres de rétention, foyers, centres d’accueil et d’orientation.

Plus de la moitié des personnes évacuées "dans la nature"

Elodie Berahel, déléguée de la CIMADE Nord-Picardie, estime que cette évacuation n'a fait qu'empirer la situation : "Les durées des hébergements proposés sont très courtes, on voit des personnes revenir à Lille, de nouveau à la rue, isolées, et encore plus précarisées qu'avant". Les associations affirment qu'environ 75 personnes sont dans la nature aujourd'hui, soit près de la moitié de la population évacuée le 4 juin.

ECOUTEZ : Elodie Berahel, déléguée de la CIMADE Nord-Picardie

"Nous sommes totalement dégoûtés" - un ancien occupant du squat

L’incompréhension est d’autant plus grande que deux jours après l’évacuation, le 6 juin, une décision de justice accordait aux occupants du squat "5 étoiles" un délai de trois ans pour quitter les lieux. Un Guinéen qui souhaite rester anonyme est actuellement hébergé dans un foyer à Amiens, il a dû, raconte-t-il, aller "chercher des matelas dans les poubelles" pour ne pas dormir sur le sol. Il se demande pourquoi l’Etat français a voulu devancer la justice : "Nous sommes dégoûtés, totalement dégoûtés. On n'imaginait pas ça en France. Nous, on prend toujours l'exemple de la justice française, et là c'est injuste. Mais je garde l'espoir, car pour moi, la France, c'est le pays des droits de l'Homme".

Une évacuation "déloyale" pour les associations

Si l’évacuation du squat "5 étoiles" n’est pas illégale, les associations la jugent déloyale. "Les droits fondamentaux ne sont pas respectés par l'Etat lui-même", juge Emilie Dewaele, avocate, "nous, avocats, on a beau avoir de belles décisions de justice, pour les faire appliquer, c'est une autre paire de manches". Pour étayer ses propos, l'avocate assure que la moitié des placements en centre de rétention des habitants du squat ont été annulés par la cour d'appel de Douai (voir document ci-dessous)

La préfecture du Nord n’a pas donné suite à nos sollicitations.

ECOUTEZ : le dossier de France Bleu Nord consacré à l'évacuation du squat "5 étoiles"