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Société

Trop d’enfants en difficulté sans prise en charge, le Collectif Enfance 31 tire la sonnette d’alarme

mercredi 20 décembre 2017 à 10:19 Par Olivier Lebrun, France Bleu Occitanie

Invitée de France Bleu Occitanie, une assistante sociale membre du Collectif Enfance 31 s’alarme de la situation de milliers de mineurs en difficulté familiale qui ne trouvent pas de placement ou de prise en charge, faute de moyens suffisants.

Pour les enfants en demande de placement , les délais s'allongent
Pour les enfants en demande de placement , les délais s'allongent © Radio France - Olivier Lebrun

Toulouse, France

A l'approche de Noël, des milliers d'enfants ne seront pas à la fête.

Le Collectif Enfance 31 qui regroupe des éducateurs, des psychologues, des assistantes sociales, des juges pour enfant, des avocats,  lance un cri d'alarme. Faute de moyens suffisants, le Conseil Départemental et la Protection Judiciaire de la jeunesse n'arrivent plus à répondre aux demandes de placement des enfants confrontés à la violence familiales, à des carences d'éducation familiale, au handicap ou à des problèmes de délinquance.

Les délais d'attente pour une prise en charge s’allongent

Prenons l'exemple d'enfants confrontés à de la violence familiale, à des carences d'éducation parentale, après la saisie d’un juge des enfants, il y a un délais d'attente de 5 à 7 mois avant qu'un éducateur n’intervienne. En attendant, on remet ces enfants dans leurs familles.

« Ce sont souvent les parents qui nous alertent, et on est obligé de leur dire non. Faute de moyen, les enfants qui sont en grande difficulté voire en situation de maltraitance sont laissés à leur domicile, les parents laissés à eux même. Nous sommes obligés de bricoler des solutions de fortune, faute de prise en charge adaptée » - explique Martine Urzay assistante sociale à Toulouse dans le quartier des Minimes, représentante du syndicat Sud au Conseil Départemental de Haute-Garonne et membre du Collectif Enfance 31.

Martine Urzay - assistante sociale - "les parents et les enfants sont laissés à eux même"

Martine Urzay - Assistante Sociale - Syndicat Sud Conseil Départemental - invitée de France Bleu Occitanie - Radio France
Martine Urzay - Assistante Sociale - Syndicat Sud Conseil Départemental - invitée de France Bleu Occitanie © Radio France - Olivier Lebrun

Tous les secteurs sont touchés, les parents confrontés à une déficience psychologique de leur enfant, ou au handicap doivent parfois attendre 18 mois pour être reçu par un psychologue en consultation en CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique.)

Les parents d’enfants handicapés sont démunis quand ils s’adressent à la Maison Départementale des personnes handicapées, ils n’ont pas toujours de réponse. Il faut un à deux ans voire plus pour une admission en établissement spécialisé (ITEP ou IME), au moins 700 enfants dans le département sont en attente d’une prise en charge.

Le Conseil Départemental de Haute Garonne  consacre  140 Millions d'€ par an à l'aide sociale à l'enfance, soit 10% de son budget. Pour le Collectif Enfance 31 c’est largement insuffisant, car ce budget reste stable alors que la population augmente chaque année, et les besoins de prise en charge des enfants en difficulté sont grandissants.

Le Collectif Enfance 31 demande l’organisation d'Etats Généraux de l'Enfance en Haute-Garonne dans le courant 2018 pour rechercher des réponses adaptées à ces enfants en recherche de placement ou de prise en charge.

Le Conseil départemental de Haute-Garonne précise : 

  • Concernant la prise en charge d'enfants confrontés à des violences familiales ou des carences éducatives de la part de leurs parents, la collectivité parle d'un délai d'intervention d'un éducateur compris entre 2 et 4 mois. Pour les cas de maltraitance avérés : "il y a un placement hors de la famille et toutes les mesures sont bien exécutées par le Département" assure-t-on dans les services du Conseil départemental de Haute-Garonne.
  • Le budget alloué à l'aide à l'enfance augmentera de 10% en 2018.