Société

"Tu m'aimes, tu me respectes" : une campagne francilienne contre les violences amoureuses au lycée

Par Elodie Vergelati, France Bleu Paris et France Bleu lundi 13 novembre 2017 à 18:09

La région Ile-de-France lance une campagne inédite en France sur les violences amoureuses chez les 15-18 ans
La région Ile-de-France lance une campagne inédite en France sur les violences amoureuses chez les 15-18 ans © Radio France - Elodie Vergelati

"#Tu m'aimes, tu me respectes", c'est le nom de la campagne contre les violences amoureuses et sexuelles, lancée ce lundi par la région Ile-de-France. Elle vise les 15-18 ans, avec un message très clair : dans un couple, chacun doit respecter la liberté de l'autre et son consentement.

15-18 ans, l'âge des premières fois, des premières relations amoureuses, des premières relations sexuelles...Et des premières expériences de violences au sein du couple. D'où cette campagne, inédite en France, lancée ce lundi par la région Ile-de-France. Inédite parce qu'elle vise un public d'habitude hors radar, les 15-18 ans. Avec des outils qui parlent aux jeunes : le hashtag #tumaimestumerespectes, pour la relayer sur les réseaux sociaux, des vidéos punchy humoristiques qui illustrent des situations de violences amoureuses ou sexuelles, et même un site internet dédié avec des quizz pour évaluer la toxicité de sa relation, et un tchat pour trouver de l'aide.

La campagne a été lancée devant plus de 200 lycéens au Conseil régional d'Ile-de-France - Radio France
La campagne a été lancée devant plus de 200 lycéens au Conseil régional d'Ile-de-France © Radio France - Elodie Vergelati

Si j'ai envie de mettre une robe, je la mets, mon copain n'a pas son mot à dire, Emmanuelle, 15 ans

Les vidéos diffusées en avant-première ce lundi, devant plus de 200 lycéens au Conseil régional d'Ile-de-France, font mouche. "Ça me parle, parce que c'est drôle, et puis c'est facile à comprendre!", explique Emmanuelle, 15 ans, lycéenne à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne. "Le message, c'est que, dans un couple, tu respectes la liberté de l'autre. Moi, si j'ai envie de mettre une robe, je la mets, mon copain n'a pas son mot à dire, point barre", poursuit-elle.

Je m'habille comme je veux, je parle à qui je veux

"Une majorité de lycéennes acceptent de se faire contrôler par leur petit ami parce qu'elles y voient une marque d'attention", Marie-Pierre Badré - Radio France
"Une majorité de lycéennes acceptent de se faire contrôler par leur petit ami parce qu'elles y voient une marque d'attention", Marie-Pierre Badré © Radio France - Elodie Vergelati

Une indépendance d'esprit malheureusement pas représentative, d'après Marie-Pierre Badré, en charge des relations hommes-femmes à la Région Ile-de-France. "Trop de jeunes filles acceptent des situations de violences : la jalousie excessive, le fait de ne pas choisir librement leur tenue, parce qu'elles y voient une marque d'attention à leur égard**"**, analyse-t-elle. S'il n'existe pas d'enquête française sur le sujet, une étude Ipsos réalisée en Belgique en 2009 sur les 12-21 ans affirme que 67% des jeunes trouvent normal de contrôler l'apparence de leur petit(e) ami(e).

Raphaël en fait partie...C'est une question de réputation, justifie ce lycéen de 18 ans. "Quand tu sors à deux, c'est l'apparence des deux qui est jugée, un mec ne peut pas tolérer que sa copine mette une jupe trop courte, c'est normal, sinon les gens vont parler."

L'une des affiches de la campagne "tu m'aimes, tu me respectes" - Radio France
L'une des affiches de la campagne "tu m'aimes, tu me respectes" © Radio France - Elodie Vergelati

Interdiction de sortir

Cette emprise psychologique peut déboucher sur des violences physiques. "Une amie à moi voulait sortir avec des copines, elles allaient à un anniversaire, son copain ne voulait pas, il l'a attendue en bas de son immeuble et il l'a frappée", raconte Abu, 15 ans, lycéen à Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne. D'où la nécessité "de sensibiliser les filles et d'éduquer les garçons", pour Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Des flyers, des affiches et des bracelets vont être distribués dans 650 lycées franciliens, publics comme privés.