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Uber Eats : à Laval, les livreurs se sentent "exploités" et demandent une meilleure rémunération

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Par , France Bleu Mayenne

Après une journée de grève le dimanche 14 mars 2021, place du 11 novembre, les livreurs d'Uber Eats n'ont pas eu gain de cause. Ils sont très remontés contre leur hiérarchie et demandent une meilleure rémunération par course effectuée et des bonus que les autres villes bénéficient.

Les livreurs de Laval se sentent abandonnés par la plateforme américaine
Les livreurs de Laval se sentent abandonnés par la plateforme américaine © Radio France - Romain Berchet

Nous les voyons partout dans les rues de l'agglomération lavalloise. Vissés sur leurs vélos, les livreurs d'Uber Eats parcourent des kilomètres pour nous livrer chez soi, les plats de certains restaurants et fast-food de la ville. Mais depuis plusieurs semaines, les coursiers se sentent abandonnés par les responsables d'Uber Eats France.

Le principal problème évoqué par les livreurs, c'est la rémunération par kilomètre. En effet, chaque livreur touche 1 euro par kilomètre parcouru, seulement, au-delà de 4 kilomètres, ils ne sont plus payés. "Si on récupère une commande à Changé pour aller à Bonchamps, c'est plus de 10 km à vélo, et nous, on n'est payé que pour 4 kilomètres ! C'est inadmissible !", se révolte ce livreur, qui souhaite rester anonyme pour éviter de se faire bloquer par la plateforme.

Voici l'exemple d'une mauvaise transparence concernant la rémunération kilométrique des livreurs Uber Eats. ---->>>

Capture d'écran d'une commande d'un livreur Uber Eats à Laval
Capture d'écran d'une commande d'un livreur Uber Eats à Laval - Application Uber Eats

Dans cette commande, le livreur a parcouru 2,6 kilomètres et devrait donc être rémunéré 2 euros 60. Seulement, il n'a été rémunéré que 1 euro et 99 centimes. Et à la fin, les distances impayées se font ressentir. 

Capture d'écran de la rémunération d'un livreur Uber Eats à Laval
Capture d'écran de la rémunération d'un livreur Uber Eats à Laval - Application Uber Eats

Un salaire mensuel très inférieur au SMIC

Alors à la fin du mois, les salaires ne sont pas très élevés. Sur les soixante livreurs Uber Eats à Laval, ils sont très peu à gagner au moins 1000 euros à la fin du mois, en faisant beaucoup d'heures de travail. "Nous travaillons de 9 h le matin à minuit, du lundi au dimanche pour gagner très peu", explique ce livreur. "En 27 heures de travail, j'ai été rémunéré 124 euros", ajoute-t-il. Cela fait environ 4 euros par heure, deux fois moins que le SMIC horaire en France. 

Uber profite de la situation des gens qui ont besoin de travailler pour se remplir les poches", explique ce coursier présent à Laval depuis plusieurs années.

Dans les autres villes, la plateforme Uber Eats met en place des bonus pour compenser ces faibles rémunérations. Par exemple, certains livreurs reçoivent ce genre de message : "Effectuez 3 courses supplémentaires pour gagner 7,50 € en plus". De quoi motiver les livreurs. Problème : ce bonus n'est jamais perçu par les coursiers, et il n'y a qu'a Laval que c'est le cas. "À Rennes, Vitré, Fougères, les livreurs touchent ces bonus, mais pas nous ! La direction se justifie en disant que si les bonus étaient débloqués alors tous les livreurs se mettraient à travailler", explique avec colère le responsable des livreurs de Laval. 

Auparavant, être livreur pour Uber Eats était un bon moyen de compléter ces fins de mois surtout pour les étudiants. Mais depuis quelques années, ce qui était un travail à temps partiel est devenu un travail à plein temps, pour beaucoup de personnes issues de l'immigration. "Uber Eats ne nous respecte pas, ils ne pensent pas aux vies difficiles que certains doivent mener", raconte le livreur lavallois.

Intervention de la mairie de Laval dans la crise des livreurs

Florian Bercault, maire de Laval depuis 2020, a pris la décision d'intervenir dans le dossier. Il a reçu mardi 23 mars dernier, deux représentants des livreurs Uber Eats basés dans l'agglomération de Laval. Après avoir écouté les revendications de chacun, il a décidé de se placer en intermédiaire, afin d'entamer des discussions et de trouver une solution convenable. 

"Ce sont des nouveaux métiers, des nouvelles professions auxquelles il faut être attentif, pour pas que ce soit des emplois d'une précarité qui ne dit pas son nom", justifie le maire de Laval ajoutant que c'est une situation qui le "préoccupe". "J'ai pris contact avec les responsables d'Uber Eats pour une possible rencontre à la mairie avec les livreurs"

La plateforme Uber Eats affirme, de son côté, être ouverte au dialogue : "Nous avons directement échangé avec plusieurs dizaines de livreurs pour trouver ensemble les meilleures réponses aux enjeux soulevés. Nous sommes ainsi ouverts au dialogue et sommes engagés à continuer à réfléchir aux solutions les plus efficaces pour soutenir l'activité des livreurs qui utilisent l'application à Laval", réagit une des responsables de la communication du groupe.

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