Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Notre-Dame de Paris : un an après l'incendie de la cathédrale

"Des images qui resteront à vie" : un an après, l'incendie de Notre-Dame vu du Berry

-
Par , France Bleu Berry, France Bleu Touraine

Il y a un an jour pour jour, le 15 avril 2019 en fin d'après-midi, le toit de la cathédrale Notre-Dame de Paris prenait feu. Le brasier durera plusieurs heures et emportera avec lui une partie de cet trésor patrimonial français.

La cathédrale Notre Dame en feu, le 15 avril 2019, vue depuis la place de l'Hotel de Ville.
La cathédrale Notre Dame en feu, le 15 avril 2019, vue depuis la place de l'Hotel de Ville. © Radio France - Alexandre Frémont

En pleine crise du coronavirus, il est des dates que l'on ne doit pas oublier pour autant. Ce 15 avril marque le premier anniversaire de l'incendie de Notre-Dame de Paris, qui a marqué la France entière, et le Berry ne fait pas exception. 

Tout Paris s'était arrêté pour regarder - François, un Castelroussin, était à 200 mètres de l'incendie

A 18h45 ce lundi 15 avril, de la fumée, puis d'immenses flammes, jaillissent de la toiture de la cathédrale, sur l'île de la Cité à Paris. C'est le début d'un incendie ravageur qui durera jusqu'au lendemain. A l'époque, François Pinault, un Castelroussin travaillant pour une banque à Paris, se rend à la gare d'Austerlitz pour rentrer à Châteauroux. C'est là, sur le boulevard Saint-Germain, qu'il aperçoit la fumée s'échapper de la cathédrale. Il s'arrête et assiste, sidéré, à la scène, qu'il nous fait parvenir dans la foulée.

"Ce qui était bizarre, c'est que tout le monde dans Paris s'était arrêté pour regarder", se souvient aujourd'hui François Pinault. "Quand le feu est sorti de la toiture, on a senti la chaleur, la fournaise que ça devait être là-dedans."

Il y a eu ce cri dans la rue

"Ce qui m'a marqué, c'est qu'autour de moi, ça parlait toutes les langues. On était tellement nombreux... Et lorsque la flèche est tombée, ça m'a fait penser à la chute des tours jumelles le 11-Septembre. Il y a eu ce cri général dans la rue. On a cru que tout allait s'effondrer." Aux côtés des passants, François Pinault assiste aux efforts surhumains des pompiers pour atteindre l'incendie avec leurs lances à eau. "On avait peur que les beffrois s'effondrent. On se disait : ça y est, elle va tomber."

Un an après, le Castelroussin garde un souvenir très net de ce 15 avril 2019. "Ce sont des images qui resteront à vie. De voir finalement cette cathédrale si fragile, en se disant qu'elle a tout traversé, les guerres de religion, les guerres mondiales... On était là, devant l'incendie, et on se disait 'c'est peut-être juste un petit mégot qui a causé tout ça'."

On se rend compte qu'en fait, c'était un colosse aux pieds d'argile.

Ce qui a également marqué François Pinault, c'est la "communion" des personnes présentes aux abords de l'incendie. "Un sentiment de fraternité, avec ces milliers de personnes dans la rue, on avait l'impression que tout Paris était dehors." Mais depuis, estime le Castelroussin, l'incendie est passé au second plan. "Sur le coup, il y a eu ce grand élan de patriotisme. Mais maintenant, on en parle plus beaucoup. On s'est rendu compte que ça mettrait plus de temps que prévu, que ce ne sera peut-être pas prêt pour les JO de Paris. J'ai l'impression que le soufflet est retombé, malheureusement."

L'incendie de Notre-Dame depuis le boulevard Saint-Germain, photo prise par un auditeur
L'incendie de Notre-Dame depuis le boulevard Saint-Germain, photo prise par un auditeur - François Pinault

Les projets de reconstruction au point mort, déplore une architecte berrichonne

Cette impression que l'intérêt s'est dissous, Monique Barge le partage. Cette architecte castelroussine avait expliqué vouloir participer au concours international d'architecture pour reconstruire la flèche de Notre-Dame, lancé deux jours après l'incendie par le gouvernement.

A l'époque, Monique Barge voulait d'abord attendre d'avoir davantage d'informations sur l'état de la structure du toit, après l'incendie. "Il faut d'abord qu'on sache comment il peut supporter quelque chose, il faut assurer la sécurité des choses qui ont été faites avant nous." Un an après, malheureusement... le projet est au point mort. 

On a pas encore démonté les échafaudages

Contactée par France Bleu, l'architecte explique qu'avant de concevoir un projet viable, il faut connaître la solidité des pierres qui composent l'édifice. "On a besoin de ces informations, de savoir ce que peuvent supporter les pierres qui ont chauffé sous les voûtes." Or, le chantier de Notre-Dame avance très lentement : "on a pas encore démonté les échafaudages installés avant l'incendie, qui devaient servir à rénover la flèche, et qui ont fondu dans les flammes. On ne peut toujours pas pénétrer dans l'édifice". En outre, le confinement prononcé suite au coronavirus a mis un coup d'arrêt au chantier de Notre-Dame. Il faudra donc encore du temps avant de voir un projet, castelroussin ou pas, se concrétiser.

Un parallèle avec la crise du coronavirus, qui nous empêche de nous rassembler - L'archevêque de Bourges

Si l'incendie a profondément marqué de nombreux Français, les chrétiens l'ont été d'autant plus. L'archevêque de Bourges, Monseigneur Jérôme Beau, l'a été tout particulièrement, après avoir officié pendant 12 ans comme évêque au sein même de Notre-Dame de Paris. A l'époque, il évoquait son choc et son espoir malgré tout : "Neuf siècles d'histoire, il faut qu'on puisse le redonner aux générations suivantes. Il va falloir que nous trouvions les bâtisseurs de cathédrale pour le 21 siècle."

Interrogé aujourd'hui, il revient sur son état d'esprit : "Il y a un an, l'incendie nous a atterrés, il nous a mis devant la destruction d'un bâtiment qu'on pensait ne pas voir brûler un jour. Mais ce qui est étonnant un an après, c'est que ce lieu a revécu d'une certaine manière. Avec cet engagement de reconstruction, la mobilisation autour."

L'incapacité de se rassembler et de pouvoir prier ensemble

L'archevêque de Bourges voit également un parallèle à faire, à un an d'écart, entre l'incendie de Notre-Dame et la crise du coronavirus qui oblige les Français à rester confinés. "L'an dernier à Notre-Dame, on vivait le deuil de ne pas pouvoir se rassembler. Et cette année finalement, tous les chrétiens de France et d'ailleurs ont vécu ce deuil de ne pas pouvoir se rassembler. Dans les deux cas, c'est la capacité de se rassembler, de pouvoir prier ensemble dans un lieu qui nous est cher, qui a été comme cassée par cet incendie ou cette pandémie." Jérôme Beau évoque enfin "la puissance d'une fraternité qui nous pousse à rebâtir pour le futur".

L'incendie de Notre-Dame, quelques minutes avant la chute de la flèche.
L'incendie de Notre-Dame, quelques minutes avant la chute de la flèche. © Maxppp - Daniel Fouray

Qu'en est-il des dons faits par la mairie de Châteauroux ?

Quatre jours après l'incendie, la mairie de Châteauroux mettait en place une urne pour récolter des dons des particuliers. Au total, précise Alexis Rousseaut-Jouhennet, responsable de la communication à la mairie, 925€ ont été récoltés. Dans le détail : 

  • Onze dons à la fondation Notre-Dame, pour un montant de 435€
  • Cinq dons à la fondation du Patrimoine, pour un montant de 250€
  • Trois dons au Centre des monuments historiques, pour un montant de 240€.

Tous ces dons ont été reversés en chèque aux associations en question. Par ailleurs, à l'époque, la mairie avait adopté en conseil municipal une aide exceptionnelle de 10.000 € pour la reconstruction de Notre-Dame. Cette aide, indique la mairie, a été versée en septembre 2019 à la fondation du Patrimoine.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess