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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Un artisan de Savoie devient "reporter" des gilets jaunes

lundi 26 novembre 2018 à 18:06 Par Christophe Van Veen, France Bleu Pays de Savoie

Les gilets jaunes ont leurs réseaux qui se substituent aux médias traditionnels. Exemple avec Benjamin, qui, à la fin de sa journée de travail, va de barrages en blocages en Savoie avec sa moto.

Benjamin une presse "rock n'roll"
Benjamin une presse "rock n'roll" © Radio France - Christophe

"Born to be jaune" ! C'est le titre de sa page Facebook en hommage au road movie culte des années 70 "Born to be wild"'.  

Car Benjamin est un motard très impliqué dans le conflit des gilets jaunes. Nous l'avons rencontré sur le blocage du dépôt de carburant d'Albens (Savoie) alors qu'une centaine de gendarmes venaient d'intervenir -lundi matin- pour chasser une quinzaine de gilets jaunes. 

Benjamin, qui préfère être discret sur son nom de famille, est artisan dans les Bauges. Il portait un brassard "presse" , alors qu'il ne possède pas la carte de presse. Illustration d'un mouvement qui pourfend tous les intermédiaires et remet en cause les médias traditionnels.

Page d'accueil de "Born to be jaune" - Aucun(e)
Page d'accueil de "Born to be jaune" - Facebook Benjamin

Les gilets jaunes, une page de l'Histoire de France

France Bleu Pays de Savoie : Quel est votre objectif ?

"Born to be jaune" : - Je suis allé sur plein de postes des gilets jaunes. Passy, en présence des CRS , ou Albens, le dépot de carburant où on a passé la nuit à proposer des diots aux gilets jaunes. On fait des petites vidéos, on interroge les personnes, et on essaye de capter le fond de leur motivation, pas leurs revendications. On met en avant l'humain, en dehors de toute violence ou de toute orientation politique. Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi sont-ils entraînés par autant de ferveur ? On traduit cela en étant un peu rock n'roll, un peu comme je suis dans la vie. 

Mais vous êtes artisan ? Vous travaillez ?

Le lundi, non, je suis dispo toute la journée. Et puis après je bosse le jour et je vais sur les blocages la nuit ou très tôt le matin. Vu que je circule à moto, je passe partout, par les petites routes. Rien ne m'arrête.

Il y a quand même des médias pour faire ce travail ?

Les médias font un boulot de média. Moi je suis juste quelqu'un du peuple qui relate les choses d'une manière différente. 

Il faut les deux ?

Faut de la mixité. Tous les goûts sont dans la nature. Vous en savez quelque chose à France Bleu. 

C'est à dire ? 

Vous couvrez tous les fronts. Moi je me concentre sur les gilets jaunes, parce que je pense que ça vaut la peine, parce que ce mouvement est populaire et qu'il transmet une énergie formidable, et que c'est un morceau de l'Histoire de France qui se dessine. 

C'est pas un peu grandiloquent ?

Pas du tout. Je suis d'une famille de Résistants, originaire du Vercors. Il y a quelque chose qui touche une fibre profonde en moi. Ça fait plus de quarante ans qu'il n'y a pas eu de mouvements populaires de cette importance en France. Ça fait plus de quarante ans de politique abusive qui dépasse les limites. On vit un moment historique, là.

En tant qu'observateur au cœur du mouvement, avez-vous une idée de ce qui pourrait l'arrêter ? 

90 % des gens que j'interroge veulent clairement la destitution du président. Les gens veulent un changement profond de politique. Ce qui pourrait arrêter le mouvement, ça pourrait être le manque d'organisation des blocus - encore que c'est en train de se réorganiser , en dehors de Facebook qui est aussi un instrument de délation de nos actions - la fatigue, la période de Noël où on a besoin de bosser et de se retrouver en famille. Il peut y avoir un petit essoufflement. Mais le ressort est en train de se tendre et il risque de se détendre d'un coup !