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Les personnes d'origine asiatique victimes de racisme lié au coronavirus

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Par , France Bleu Paris

Alors qu’un cinquième cas de Coronavirus a été confirmé en France, mercredi, les personnes d'origine asiatique sont de plus en plus victimes d'un racisme sans détour. A tel point que certains n'osent pas sortir de chez eux quand d'autres expriment leur colère sur les réseaux sociaux.

La communauté asiatique victime de discrimination et de racisme liée à la propagation du coronavirus
La communauté asiatique victime de discrimination et de racisme liée à la propagation du coronavirus © Maxppp - Bruno Levesque

En Ile-de-France la communauté chinoise s'inquiète d'un regain de racisme. Elle se dit victime collatérale du coronavirus.

Il suffit d'aller sur les réseaux sociaux, lieu de libéralisation de la parole raciste pour se rendre compte du déchaînement de haine et de moquerie. Voici par exemple ce que dit cette jeune femme, hilare, sur Twitter : "Dès que je vois un chinois dans Paris, je change de trottoir... je cours, j'accélère, j'ai trop peur"

Dans les restaurants ou les magasins, certains clients refusent même de se faire servir : _"_J'ai vu une caissière asiatique prise à partie parce que les clients ne voulaient pas d'elle. Ils disaient "rentre chez toi, garde ta maladie" relate Rui wang, co-fondateur de l'association des jeunes chinois de France, sur France Info. Un agent SNCF d’origine sud-coréenne, partage sur Twitter, ce que lui a dit, en plaisantant, un collègue : « alors, t’as pas mis ton masque ? »  ce qui ne l'a pas du tout amusé ajoute-t'il. Et combien sont-ils d'enfants aux yeux bridés à se faire appeler "Corona" dans la cours de récréation ?

#je ne suis pas un virus

Face à ce racisme exacerbé, certaines personnes n'osent plus sortir de chez elles ou rasent les murs, comme si elles étaient coupables. Quand d'autres laissent échapper leur colère.

Ils écrivent, sur Twitter avec le hashtag #je ne suis pas un virus : "Un asiatique qui tousse n'a pas le coronavirus" ou encore "Insulter un asiatique à cause du virus, c'est comme insulter un musulman à cause des attentats" 

Interrogée par sa consoeur Julie Breon, la journaliste Linh-Lan Dao met les choses au point : "Ce n'est pas parce que j'ai une tête d'asiatique que je suis reliée au coronavirus. C'est terrible de devoir rétablir des choses aussi simple et basique. Et il faut savoir que le samu reçoit des appels complètement ubuesques des gens qui ont reçu des colis qui viennent de Chine ou qui ont mangé dans un restaurant Chinois".

La jeune journaliste d'origine asiatique se dit également choquée par la Une du Courrier Picard, et par les excuses que le quotidien a par la suite publiées, expliquant qu'il s'agissait d'une référence à une alerte météo. "Excuses maladroites" selon elle : "on ne peut pas comparer le terme "jaune" qui peut être utilisé pour désigner des asiatiques avec quelque chose de complètement neutre qui est la météo"

La une du Courrier Picard
La une du Courrier Picard © Radio France -

Le titre « Alerte jaune » du quotidien régional a largement fait réagir sur le Web. Le journal a par la suite publié des excuses en ligne.

ce n'est pas parce qu'on croise une personne dans la rue qui a un masque qu'on risque quelque chose

Sur quelque 3.500 appels d'urgence (le 15) par jour, 80 à 100 portent sur le coronavirus, selon Pierre Carli, professeur du Samu de Paris.  "Une bonne moitié est éliminée d'emblée", car "à l'évidence il n'y a pas de risque", observe le professeur en médecine d'urgence.  "Ces appels sont parfois étonnants : ce n'est pas parce qu'on croise une personne dans la rue qui a un masque ou qu'on aurait pu être en contact avec un objet qu'elle a touché qu'on risque quelque chose...", souligne-t-il.  "Sachant qu'il y a des gens qui sont malades, d'autres qui ont perdu la vie dans cette épidémie en Chine, c'est des choses un petit peu risibles", insiste le Pr Carli, invitant les patients à réaliser le caractère "totalement irrationnel" de ce type d'interrogations.

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