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Emploi et handicap : un bac + 5 et 11 ans de chômage pour Aurélie en fauteuil roulant

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu
Orléans, France

Ce lundi commence la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées. Le chômage explose pour cette catégorie de la population. En France, il a augmenté de 65% entre 2011 et 2015 selon l'Association des paralysés de France. A Orléans, Aurélie, diplômée n'a toujours pas trouver de travail.

Aurélie Dechambre a écrit un livre, elle s'est engagée aussi dans le bénévolat
Aurélie Dechambre a écrit un livre, elle s'est engagée aussi dans le bénévolat © Radio France - Charlotte Jousserand

Aurélie Dechambre cherche un boulot depuis onze ans. La jeune femme de 35 ans est diplômé, elle a fait des études, elle a décroché un Master en communication et sciences de l'information, elle a fait des stages, comme tout le monde, elle a même un double cursus, mais Aurélie Dechambre n'a toujours pas trouvé d'emploi fixe à cause de son handicap. La jeune femme est en fauteuil roulant depuis sa naissance et les entreprises ne veulent pas l'embaucher.

Aurélie a cumulé des petits CDD, mais "cela ne représente qu'un an de travail tout mis bout à bout", explique la jeune femme. Elle a rencontré des employeurs qui lui ont dit clairement qu'ils préféraient payer une amende plutôt que de l'embaucher. Depuis 2005, les entreprises de plus de 20 salariés sont obligées par la loi d'employer 6% de travailleurs en situation de handicap sous peine d'amende.

"Je me suis bercée d'illusions pendant un certain" Aurélie Dechambre

"Je me suis bercée d'illusions en sortant de la faculté, j'ai accepté n'importe quel emploi car je pensais qu'après un CDD ou un remplacement les entreprises allaient faire les démarches pour adapter les postes et peut-être m'embaucher, je suis tombée de haut." Aurélie Dechambre aurait besoin d'un clavier adapté ou d'un logiciel à reconnaissance vocale pour dicter plus rapidement ses articles.

Autre difficulté pour la jeune femme, les horaires de travail. Une aide à domicile vient le matin et le soir pour l'aider à se préparer. "Le souci c'est que les services à domicile commence à 7 heures et demie le matin, il y en a pour deux heures donc je ne peux pas être à l'entreprise avant 9 heures et demie et le soir c'est pareil, le service d'aide à domicile s'arrête à 20 heures donc il faut que je sois rentrée pour 19 heures chez moi". Les horaires des services à domicile ne sont pas adaptées au monde du travail selon Aurélie.

"Je ne me fais plus d'illusions"

La jeune femme a énormément travaillé pour obtenir son master. Plus que les autres, c'est sûr. Elle a déménagé à Nancy pour être dans une résidence étudiante adaptée, elle a passé des heures à retaper les notes de ses camarades car elle ne peut pas écrire à la main, sa famille l'a aidé dans ses études. Aujourd'hui, la jeune femme est résignée : "Si c'était à refaire, je ne referais pas la même chose, c'est beaucoup de sacrifices, aujourd'hui j'arrête car je sais que cela ne sert à rien. Je regarde les offres sur internet je prend ce qu'il y a mais je ne me fait plus d'illusions".

Aurélie Dechambre vit grâce à l'allocation adulte handicapé, l'A.A.H, environ 900 euros. Elle s'en sort parce qu'elle vit avec son mari à Orléans. Lui aussi est en fauteuil roulant, il vient de lancer son entreprise mais il ne perçoit toujours pas de salaire. Le couple vit donc avec leurs allocations adultes handicapés, Aurélie raconte : " Ce n'est pas beaucoup mais on s'en sort car on fait très attention à bien gérer le budget, on s'autorise deux trois sorties par mois mais pas plus car c'est compliqué".

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