Société

Un Brexit "dur" inquiète les milliers de Britanniques installés en Mayenne

Par Germain Treille, France Bleu Mayenne vendredi 27 janvier 2017 à 6:00

Theresa May, Premier ministre britannique
Theresa May, Premier ministre britannique © Maxppp - Maxppp

Theresa May, Premier ministre de Grande-Bretagne, veut s'éloigner le plus loin possible de l'Union Européenne. Une rupture totale qui angoisse la communauté britannique du département.

Prendre le large, larguer les amarres et ne plus entendre parler de Bruxelles, de l'UE, de la technocratie, des sommets européens. Et se rapprocher des Etats-Unis de Trump, conclure avec le nouveau locataire de la Maison-Blanche un traité commercial et financier. Theresa May, soutenue par une majorité de la population et de la classe politique, est dans cet esprit-là. Avant de quitter définitivement l'Union Européenne, le Parlement britannique devra voter. Et ensuite les négociations, pour entamer le divorce, pourront alors commencer et tout ce processus peut prendre plusieurs années.

"Mes compatriotes sont un peu dingues !"

Une séparation qui crée de l'incertitude et du doute et de l'inquiétude chez les Britanniques installés en Mayenne, dans le nord du département surtout. Sheila Batty est retraitée, elle vit à Lassay-les-Châteaux : "on est toujours plus fort dans un groupe que tout seul. Je n'arrive pas à comprendre. Mes compatriotes sont un peu dingues !" explique-t-elle en souriant. Et les discussions familiales sur ce sujet sont à risque poursuit-elle : "ma fille a voté pour le Brexit et quand je discute avec elle c'est pour des problèmes de travail. Il y a beaucoup d'immigrés en Angleterre". La peur de l'étranger, ce fut l'un des moteurs du vote en faveur d'une sortie de l'UE.

Ce repli sur soi, cette fermeture aux autres, cet éloignement du Vieux Continent, Alison Packer, une prof d'Anglais qui vit à Argentré, en redoute les conséquences : "il y a un esprit de nationalisme, de souverainisme qui ne peut pas être bon pour la paix dans le monde". L'enseignante et son mari, qui habitent en Mayenne depuis près de 20 ans, ont enclenché il y a quelques mois déjà la procédure pour obtenir la nationalité française. Une façon pour ce couple de dire oui à l'Europe.