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Un collectif de professionnels en alcoologie s'insurge contre l'arrêté anti-alcool du préfet du Doubs

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Par , France Bleu Besançon

Un collectif d’intervenants en alcoologie dénonce l’arrêté du préfet du Doubs qui interdit la consommation d’alcool sur la voie publique dans tout le département. Un texte disproportionné et inutile, et qui stigmatise les SDF, selon ces professionnels.

La consommation d'alcool est interdite sur la voie publique dans le Doubs depuis le 13 mars 2021 (illustration)
La consommation d'alcool est interdite sur la voie publique dans le Doubs depuis le 13 mars 2021 (illustration) © Maxppp - Franck Dubray

La mesure est en vigueur depuis le 13 mars 2021: le préfet du Doubs a signé un arrêté qui interdit la consommation d’alcool sur la voie publique dans tout le département. Objectif selon la préfecture: lutter contre les regroupements et comportements qui favoriseraient la propagation du coronavirus. Le collectif Modus Bibendi, qui regroupe des professionnels dans le domaine de la réduction des risques liés à l’alcool, s'insurge contre ce texte qui selon le collectif, porte atteinte aux libertés, est disproportionné et inutile, et surtout, dénoncent le collectif dans un communiqué, il stigmatise sans les nommer les sans domicile fixe.

Un texte qui stigmatise les sans domicile fixe

Modus Bibendi prône une approche pragmatique du problème de l’alcool,  avec un soutien et un accompagnement thérapeutique, mais sans jugement et sans injonction à l’arrêt de la consommation. Pour ses membres, les SDF sont déjà particulièrement fragilisés par la crise sanitaire, l’alcool aide la plupart d’entre eux à supporter leur situation, les en priver n’est pas la solution. "La consommation d'alcool, comme la consommation d'autres produits psychotropes, c'est quelque chose qui est nécessaire à leur économie psychique" explique le bisontin Michaël Balandier, membre du collectif, "qui leur permet de pouvoir vivre et survivre dans de grandes difficultés". Et ils n’ont pas d’autre choix que de le consommer dans la rue, car ajoute-t-il, "les centres d'hébergement et de réinsertion sociale interdisent le plus souvent de consommer de l'alcool à l'intérieur des établissements, c'est le cas dans le Doubs".

Pour Modus Bibendi, "la seule justification de l'arrêté préfectoral est fondée sur un lien supposé entre détection de foyers épidémiques de circulation du virus et consommation d’alcool sur l’espace public, or ce lien n’est établi par aucune donnée objective". Pour le collectif, il aurait mieux valu un texte visant les lieux où l’on constate des attroupements réguliers et festifs, comme par exemple à Besançon la Gare d’Eau ou la Cité des Arts. 

Il y a d'autres choses à régler en priorité, par exemple les gens qui dorment dehors" - Florian, SDF à Besançon

Florian vit dans la rue depuis un an à Besançon, et se dit lui aussi révolté par cette mesure préfectorale. "Il y a des façons de boire et des façons de le faire dans la rue", dit-il, "à partir du moment où ce n'est pas intempestif et que ça ne gêne personne, je ne vois pas le problème". Pour le jeune homme, Il y a d'autres choses à régler avant de parler de la consommation d'alcool sur la voie publique, "par exemple les gens qui dorment dehors".

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