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Société

Un "Colosse aux pieds d'argile" en lutte contre la pédophilie dans le sport

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Par , France Bleu Bourgogne

L'association "Colosse aux pieds d'argile" créée en 2014 fait le tour de France pour combattre la pédophilie. Ce mardi, son fondateur Sébastien Boueilh est intervenu au CREPS de Dijon pour sensibiliser les jeunes éducateurs sportifs ainsi que les jeunes athlètes à ces risques.

 Sébastien Boueilh réalise un quizz avec les jeunes à la fin de son intervention
Sébastien Boueilh réalise un quizz avec les jeunes à la fin de son intervention © Radio France - Sophie Allemand

Dijon, France

Il n'est pas évident d'aborder ouvertement le sujet des attouchements sexuels et des viols dans notre société, d'autant plus dans un milieu sportif où des jeunes vivent ensemble. Ce mardi, le sujet a été mis sur la table au CREPS de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon (Centre de ressources d'expertises et de performance sportive) : c'est là que sont formés nos sportifs de haut niveau et nos éducateurs sportifs. Sébastien Boueilh, le fondateur de l'association "Colosse aux pieds d'argile" est allé à leur rencontre. Cet ancien rugbyman a lui même été victime de viols plus jeune. Depuis la création de l'association en 2014, Sébastien fait le tour de France pour prévenir, ouvrir la parole et combattre la pédophilie.

Le sport, un milieu où le rapport au corps est particulier

Ces actes ne sont pas spécifiques au milieu sportif, mais l'on s'y perd plus : le contact physique est omniprésent et parfois on différencie mal l'agression sexuel d'un simple contact sportif, le rapport au corps est particulier.

C'est ce qu'explique Julie, dans le public. Elle est en formation au CREPS pour devenir éducatrice sportive. Elle a fait sept ans de danse contemporaine au conservatoire de Châlon, un de ses professeurs a été accusé d'attouchements, elle ne s'était rendue compte de rien. En sport, la limite se floute : "en danse, on fait des choses où l'on est obligé de se toucher. Surtout en danse contemporaine, on se porte, donc forcément on est très en contact. Faut faire très attention et trouver le juste milieu : est-ce-qu'il m'a touché ? Où est-ce que c'était un porté ? A-t-il fait une erreur?"

"En danse, on fait des choses où l'on est obligé de se toucher" : Julie, éducatrice sportive en formation au Creps

"On a très peu été sensibilisé sur ce côté là"

Dans l'amphithéâtre, l'intervention démarre par un rappel de l'aspect juridique : la "charte des colosses" : apprendre à garder la distance nécessaire avec les enfants, ne pas leur faire la bise par exemple. Mais aussi surveiller, en guettant ce qui se passe au fond des bus notamment. 

Petit à petit, les jeunes arrêtent de rire : le tabou se brise. Clément, éducateur sportif en formation prend une claque : "je ne m'attendais pas à ça, on est arrivé avec un air j'menfoutiste, mais il nous a donné des exemples concrets et des chiffres. On a très peu été sensibilisé sur ce côté là, j'ai moi même été dans un centre de formation plus jeune. J'ai eu le droit avec quelques petites conférences sur le bizutage tout ça. Mais tout ce qui concerne les agressions sexuelles, jamais. C'est partout pareil, c'est un sujet très tabou en France.

La parole se libère petit à petit - Radio France
La parole se libère petit à petit © Radio France - Sophie Allemand

"J'ai pas entendu parler de cas comme cela, mais cela ne veut pas dire qu'il ne s'est rien passé" - Pascal Bonnetain, le directeur du CREPS

Au CREPS à Dijon, il y a une psychologue présente pour parler de ce genre de choses. Des surveillants sont là avec les internes, les mineurs et les majeurs sont séparés dans les dortoirs, les filles et les garçons aussi pour poser les choses. Pascal Bonnetain, le directeur du CREPS Bourgogne-Franche-Comté se dit vigileant, il essaye d'instaurer un climat de confiance et d'ouvrir la parole. Mais ce système n'est pas infaillible : "je suis directeur ici depuis deux ans et demi, j'ai pas entendu parler de cas comme cela, mais cela ne veut pas dire qu'il ne s'est rien passé, explique-t-il. Dans un autre établissement, j'ai appris l'agression cinq ans après, les choses peuvent se faire dans le temps."

"Les choses peuvent aussi se faire dans le temps" : Pascal Bonnetain, le directeur du Creps Bourgogne-Franche-Comté

Pascal Bonnetain, directeur du Creps de Bourgogne-Franche-Comté - Radio France
Pascal Bonnetain, directeur du Creps de Bourgogne-Franche-Comté © Radio France - Sophie Allemand

Les problématiques du bizutage et du harcèlement sont également au cœur des interventions avec les plus jeunes : les athlètes en formation.  Il intervient aussi dans les écoles pour parler de pédophilie, pas forcément en milieu sportif.  

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