Société

Un combattant du 6 juin 1944 vit dans les Pyrénées-Orientales

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon vendredi 6 juin 2014 à 8:42

Raymond Coyde dans sa maison de retraite de Vinça
Raymond Coyde dans sa maison de retraite de Vinça © Mathieu Ferri / Radio France

Raymond Coyde n'avait que 19 ans le Jour J. Engagé dans les Royal Marines, ce Gallois a débarqué à Juno Beach. Un souvenir douloureux qu'il partage peu.

Depuis la maison de retraite de Vinça, où il vit aujourd'hui, Raymond Coyde jette un regard à la fois triste et fier sur la Normandie , qu'il a découverte au petit matin du 6 juin 1944. A l'époque, ce Gallois n'a que 19 ans. Malgré son jeune âge, il s'engage dans les Royal Marines, un des commandos de l'armée britannique.

Début juin 1944, Raymond ne se doute pas un seul instant qu'il va participer à un événement historique. Il ne sait pas qu'il va rejoindre Juno Beach, près de Ouistreham, avec des soldats canadiens et britanniques . Il s'entraine bien depuis des mois, mais il ne sait pas vraiment pourquoi.

Tout s'accélère le 5 juin. Avec ses compagnons d'armes, le Gallois est basé à Brighton au sud de l'Angleterre. Et en fin de journée, ils embarquent, direction la France. La mer est mauvaise, et le premier souvenir de Raymond, c'est le mal de mer . Au lever du jour, c'est l'instant T du jour J. Le jeune homme se retrouve les genoux dans l'eau, dans un vacarme est assourdissant.

Un héros très discret, jusqu'en 1994

Raymond entend encore aujourd'hui le bruit des mitraillettes, des bombardements des avions, des cris et des flashs de lumièr e. Il a tellement été marqué par ce jour qu'il a eu du mal, pendant très longtemps, à en parler à ses proches. Ce n'est qu'en 1994, pour les cérémonies des 50 ans du Débarquement, que ce héros très discret en a dit un peu plus à sa famille...

Débarquement 44 SON

Raymond Coyde s'est installé à Prades en 1976 , avec sa famille. Il avait rencontré sa femme à Rouen à la fin de la guerre. Et 70 ans après le Débarquement, l'ancien combattant gallois est partagé entre fierté et tristesse. Fier d'avoir libéré la France, mais il ne veut en tirer aucune gloire. Il n'a fait que son job...

« On m'a demandé de rejoindre le haut de la plage, d'atteindre mon objectif. J'ai fait ce qu'il fallait faire. »

Mais il se souvient évidemment des hommes tombés sous les balles. "J'ai perdu beaucoup de copains " souffle le vieil homme de 89 ans. Su r 150 hommes de son commando, seuls 60 ont survécu à la bataille de Normandie.

Alors aujourd'hui, se rappeler du 6 juin 1944, ça fait toujours mal . Raymond a regardé un peu les émissions spéciales à la télévision, depuis sa chambre de la maison de retraite. "Mais c'est un peu triste" , confie-t-il.

« Quelques fois, j'ai coupé la télé en plein milieu, parce que c'est trop de souffrance. »

Un mal nécessaire aussi, pense-t-il, car il faut continuer à se souvenir de ces hommes qui ont libéré la France.

Raymond Coyde à l'âge de 18 ans - Radio France
Raymond Coyde à l'âge de 18 ans © Radio France
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Raymond Coyde a débarqué à Juno Beach le 6 juin 1944

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