Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société
Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

Un an de gilets jaunes : près de 11.000 gardes à vue, 3.200 condamnations et 313 enquêtes de l'IGPN

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Un an après le début du mouvement des "Gilets jaunes", la justice a opéré presque 11.000 gardes à vues et prononcé près de 3.200 condamnations envers les manifestants. L'IGPN a, elle, été saisie de 313 enquêtes pour des violences policières.

Lors d'une manifestation de gilets jaunes à Morlaix, en février dernier.
Lors d'une manifestation de gilets jaunes à Morlaix, en février dernier. © AFP - Fred TANNEAU

Presque 11.000 gardes à vue et près de 3.200 condamnations : un an après le début du mouvement des "Gilets jaunes", les bilans chiffrés soulignent la réponse inédite de la justice face à ce mouvement social exceptionnel. L'Inspection générale de la police nationale a été saisie de 313 enquêtes pour des violences policières présumées, dont les deux tiers ont été transmises à la justice. Ce premier bilan judiciaire couvre la période qui va du 17 novembre 2018 à l'acte 32 du mouvement,  fin juin. 

Près de 11.000 gardes à vue, dont un tiers à Paris 

Sur l'ensemble de la France, il y a eu 10.852 gardes à vue, dont environ un tiers à Paris. Au total, 3.163 condamnations ont été prononcées, dont près de 2.000 dans le cadre de comparutions immédiates, une procédure jugée expéditive par la défense. Ces chiffres sont toutefois provisoires,  car de nombreux dossiers ne sont pas encore jugés.

1.000 gilets jaunes condamnés à de la prison ferme, dont 600 peines aménagées

Au total, 400 gilets jaunes ont été condamnés à de la prison ferme avec incarcération immédiate. Il s'agit le plus souvent de peines de quelques mois de prison. 600 autres manifestants ont été condamnés à une peine d'emprisonnement mais sans incarcération, ce qui s'est transformé la plupart du temps en peines aménagées. 

Plus de 1.230 personnes ont écopé d'une peine de prison avec sursis et 900 autres ont été condamnés à des travaux d'intérêt général, des jours amende, etc. Il y a eu par ailleurs 2.400 mesures alternatives aux poursuites, dont des rappels à la loi. Pour les cas les plus graves, qui nécessitent des investigations plus poussées, 145 informations judiciaires ont été ouvertes.

Une justice trop sévère pour certains, laxiste pour d'autres 

Trop sévère pour certains, trop laxiste pour d'autres, la justice a été vivement critiquée. "Ce sont des critiques très courantes", souligne Nina Milesi, secrétaire nationale à l'Union syndicale des magistrats à l'AFP. Mais les chiffres sont "très importants", reconnaît-elle : "ce mouvement social est une première en France et au niveau de la justice aussi, ça a été une première". "Ce sont des chiffres ahurissants !", réagit l'avocat Vincent Brengarth auprès de l'AFP. Il a défendu plusieurs dizaines de gilets jaunes. "Le gouvernement a été incapable d'apporter une réponse politique aux revendications. La justice a été utilisée pour tenter de contenir le mouvement", critique Maître Brengarth.

L'IGPN saisie de 313 enquêtes pour violences policières

Au total, selon les autorités, environ 2.500 manifestants et 1.800 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Dès le début du mouvement, les plaintes pour violences policières ont afflué. L'Inspection générale de la police nationale a été saisie de 313 enquêtes pour des violences policières présumées, dont les deux tiers ont été transmises à la justice, selon le ministère de l'Intérieur. Mais toutes les enquêtes ne sont pas confiées à l'IGPN, qui prend en charge les affaires les plus graves.

L'Inspection générale de la gendarmerie nationale a, pour sa part, été saisie de 23 enquêtes, dont cinq ont été transmises aux parquets.

Deux policiers bientôt jugés

A Paris, un tiers des enquêtes terminées ont été classées sans suite, principalement pour "infraction insuffisamment caractérisée" mais aussi pour "absence d'identification des personnes mises en cause". Toujours dans la capitale, 18 procédures impliquant des policiers ont été confiées à des juges d'instruction chargés d'enquêter sur les affaires les plus graves. C'est par exemple le cas de Jérôme Rodrigues, gilet jaune gravement blessé à l’œil le 26 janvier : son cas a abouti à l'ouverture d'une information judiciaire pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique avec arme".

Deux premiers procès auront bientôt lieu : deux policiers comparaîtront pour des violences contre des gilets jaunes lors de la manifestation du 1er mai à Paris.

Plusieurs dizaines de manifestants gravement blessés 

Selon le décompte du journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement le 17 novembre, cinq ont perdu une main, un a été amputé d'un testicule, un a perdu l'odorat et une "dizaine" de manifestants ont eu d'autres blessures graves (à la mâchoire, au pied...).

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu