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Un demi siècle d’histoire féministe : le Mouvement de libération des femmes fête ses 50 ans

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Par , France Bleu
France

Il y a cinquante ans, le 26 août 1970, neuf femmes tentaient de déposer sous l'Arc de Triomphe à Paris une gerbe pour la femme du Soldat inconnu. Cette date est depuis associée aux débuts du MLF, le Mouvement de libération des femmes. France Bleu revient sur ces années de combats féministes.

Des femmes, portant une banderole pour la contraception, l'avortement et le contrôle des naissances, lors d'une manifestation à Paris le 24 mai 1977 (photo d'illustration).
Des femmes, portant une banderole pour la contraception, l'avortement et le contrôle des naissances, lors d'une manifestation à Paris le 24 mai 1977 (photo d'illustration). © AFP -

Le 26 août 1970, neuf femmes tentaient de déposer sous l'Arc de Triomphe à Paris une gerbe pour la femme du Soldat inconnu, avant d'être arrêtées par les forces de l'ordre. Une date souvent associée aux débuts du Mouvement de libération des femmes (MLF), qui fait irruption dans la sphère publique un jour de grève des femmes aux États-Unis. "On avait une force, une envie de pousser les montagnes", se souvient Cathy Bernheim, militante historique. "Nous voulions montrer qu'il y avait en France des femmes qui réfléchissaient collectivement", se souvient l’écrivaine alors âgée de 26 ans et présente ce jour-là.

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Difficile pourtant d'attribuer un acte de naissance à ce mouvement très horizontal, galaxie de petits groupes appartenant à différents courants, que l'historienne des féminismes Bibia Pavard définit comme "une dynamique collective, qui prend forme à la fin des années 1960 et perdure jusqu'au début des années 1980."

Malgré leurs divergences stratégiques et politiques, les groupes se rassemblent autour du droit à l'avortement, de la libération des corps ou contre les violences conjugales, donnant un véritable élan au projet révolutionnaire du MLF.

Les activistes diffusent leurs idées dans des publications collectives, comme le "Torchon brûle", et s'organisent lors d'assemblées générales dans l'amphithéâtre des Beaux-Arts. Les actions du MLF, provocatrices et médiatiques, lui donnent alors un "formidable essor, avec un afflux massif de nouvelles militantes", souligne Bibia Pavard.

"Manifeste des 343"

"Il y avait énormément de créativité, c'était très festif, joyeux", raconte Cathy Bernheim, marquée par le souvenir de la marche internationale des femmes pour la contraception et l'avortement libre et gratuit à Paris, le 20 novembre 1971, avec des rues envahies par les banderoles, les slogans humoristiques et les chants féministes.

De nombreuses militantes du MLF ont d'ailleurs signé, quelques mois plus tôt, le "Manifeste des 343" publié dans le Nouvel Observateur, dans lequel 343 femmes - dont des personnalités comme Catherine Deneuve ou Simone de Beauvoir - affirment avoir avorté, s'exposant ainsi à des poursuites pénales.

Elles soutiennent aussi les adolescentes enceintes du foyer du Plessis-Robinson, qui mènent une grève de la faim en 1971 pour dénoncer leurs conditions de vie, et militent lors du procès de Bobigny en 1972, qui juge une adolescente ayant avorté à la suite d'un viol, défendue par Gisèle Halimi.

La loi Veil

En 1973, la loi Veil vient finalement légaliser l'interruption volontaire de grossesse pour une durée provisoire de cinq ans, avant d'être définitivement reconduite en 1979, dans le sillage d'une grande marche co-organisée par le MLF et rassemblant des dizaines de milliers de manifestantes à Paris le 6 octobre 1979.

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Divisions au sein du mouvement

À cette époque, les divisions au sein du mouvement parisien sont de plus en plus difficiles à occulter. Pour sauver, dit-elle, le MLF de l'oubli, Antoinette Fouque dépose le sigle et crée une association en octobre 1979, déclenchant une violente polémique et la parution d'un livre, "Chronique d'une imposture".

"Pour les autres militantes, surtout celles qui étaient là depuis le début, il s'agit d'une appropriation inacceptable de ce nom, qui qualifie un mouvement et non pas une association, propriété de quelques unes", précise l'historienne Bibia Pavard.

La dynamique du MLF s'essouffle, mais plusieurs groupes - notamment régionaux - poursuivent ses actions, en parallèle d'une phase "d'institutionnalisation" portée par l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, avec l'élection de François Mitterrand, et la création d'un ministère délégué aux Droits de la femme. "À un moment donné le MLF n'a plus servi à grand chose, et les unes et les autres sont parties continuer leur combat" ailleurs, résume Cathy Bernheim.

Les grandes dates du MLF

1970/1990 : IVG et égalité professionnelle

  • 1970 : Une loi relative à l'autorité parentale conjointe établit que le père n'est plus le seul chef de famille.
  • 1972 : L'égalité de rémunération entre hommes et femmes est inscrite dans son principe dans la loi. Elle sera renforcée en 2006.
  • 1974 : La pilule contraceptive est remboursée par la Sécurité sociale.
  • 1975 : La loi Veil légalise, dans un climat très tendu au Parlement, l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle sera remboursée à partir de 1982.
  • 1980 : Une loi reconnaît le viol comme un crime et le définit comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise".
  • 1983 : La loi Roudy établit l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, elle sera renforcée en 2001.

1990/2010 : Parité en politique

  • 1990 : La Cour de Cassation reconnaît pour la première fois le viol entre époux.
  • 1992 : Une loi sanctionne l'abus d'autorité en matière sexuelle dans les relations de travail (harcèlement sexuel).
  • 2000 : Loi tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. Elle est suivie en 2006 d'une diminution de l'aide publique aux partis ne respectant pas la parité des candidatures aux élections législatives.
  • 2004 : Plan de lutte contre les violences faites aux femmes, suivi d'une loi en 2006 et de la création l'année suivante du numéro de téléphone unique 3919 destiné aux victimes des violences conjugales puis en 2010 du bracelet électronique imposé à certains conjoints violents.
  • 2005 : Renforcement des droits des femmes en congé maternité.

2010/2020: Lutte contre le harcèlement sexuel

  • 2012: Une loi donne une nouvelle définition du harcèlement sexuel, établit des circonstances aggravantes et détermine les sanctions. La même année, un décret renforce le dispositif de pénalité pesant sur les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d'égalité professionnelle.
  • 2013 : Vote par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi sur la lutte contre le système prostitutionnel qui supprime le délit de racolage. En 2016, une loi encourage un parcours de sortie de la prostitution.
  • 2014 : Une loi sanctionne le non-respect des règles sur l'égalité professionnelle par l'interdiction d'accès à la commande publique. La même année, une loi supprime la notion de "détresse" dans le cadre d'une demande d'IVG, remplacée par l'expression "qui ne veut pas poursuivre une grossesse".
  • 2016 : Une loi donne plus facilement accès à un titre de séjour aux femmes étrangères victimes de violences. La même année, création d'un délit d'atteinte à la vie privée à caractère sexuel (revenge porn).
  • 2017 : Les femmes menacées de mariage forcé sont reconnues par la loi comme public prioritaire à l'accès à un logement social.
  • 2018 : Une loi crée une infraction d'outrage sexiste pour réprimer le harcèlement dit "de rue" et élargit la définition du harcèlement en ligne.
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