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Société

Un député en visite au centre de rétention de Rennes: "Ici, çà ne peut pas devenir une annexe de la prison!"

mardi 13 février 2018 à 16:23 Par Brigitte Hug, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel

À quelques semaines des débats sur le projet de loi asile et immigration, le député MoDem du Finistère, Erwan Balanant a visité, lundi, le centre de rétention administrative de Rennes Saint-Jacques. Il a rencontré retenus, policiers et représentants associatifs.

Une double enceinte grillagée surmontée de barbelés
Une double enceinte grillagée surmontée de barbelés © Radio France - Brigitte Hug

Rennes, France

Le centre de rétention administrative de Rennes Saint-Jacques, le CRA, a été construit en 2007 pour une capacité de 56 places. Un endroit où transitent les personnes étrangères que l'administration veut expulser. Il est occupé, en ce moment, par 38 hommes. Ce n’est pas une prison mais ça y ressemble. Le centre est entouré d’une double enceinte grillagée, surmontée de barbelés. Le député Erwan Balanant est accueilli par le directeur adjoint de la Police aux frontières de la zone ouest, Marwan Laraiche. "Je suis là pour constater comment fonctionne ce type de centre, pour pouvoir amender le texte qui sera proposé.".

Marwan Laraiche, le policier et Erwan Balanant, le député - Radio France
Marwan Laraiche, le policier et Erwan Balanant, le député © Radio France - Brigitte Hug

Les conditions sont spartiates mais dignes

La visite débute par la cellule de veille, au dernier étage du bâtiment administratif. De cette salle, les policiers ont vu sur tout le site et les abords. 50 caméras sont installés reliés à des écrans de contrôle. "Tout est vidéosurveillé à part les chambres.", précise le directeur adjoint de la PAF. Le tour du CRA se poursuit par la zone de rétention proprement dite. Les sept bâtiments d’hébergement comprennent chacun 4 à 5 chambres à deux lits, plus un espace sanitaires et une salle de télévision. "Les conditions sont spartiates mais dignes! Les chambres sont propres et décentes.", note l’élu.

Des chambres spartiates mais propres - Radio France
Des chambres spartiates mais propres © Radio France - Brigitte Hug

Comme tous les matins, le ménage est fait et les retenus doivent sortir des logements. Ils se retrouvent dans la salle de détente. Ce jour là, ils écoutent du rap et traînent, visiblement leur ennui. "C'est pire qu'en prison ici. Il n'y a rien à faire. C'est comme en garde à vue. Même au mitard, je serais mieux! Je ferais de la muscu.", s'insurge un migrant albanais. Marie Catheline, médiatrice sociale pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration, confirme qu'il n'y a pas d'activités. Elle s'inquiète d'ailleurs du projet de loi et du maintien en rétention qui pourrait être prolongé de 45 à 90 jours. "Les centres de rétention n'ont pas été conçus pour maintenir les personnes aussi longtemps.". "Les journées doivent être longues.", reconnaît Erwan Balanant. "C'est vraiment quelque chose que nous devons pouvoir améliorer. Des personnes qui s'ennuient, çà ne conduit à jamais rien de très bon. Mais c'est toujours pareil: il faut mettre des moyens!"

Les retenus traînent leur ennui - Radio France
Les retenus traînent leur ennui © Radio France - Brigitte Hug

J'ai perdu un an entre centres de rétention et prisons

Un jeune marocain interpelle le parlementaire: "J'ai perdu un an. J'étais en centre de rétention à Paris. Je n'ai pas voulu donner mes empreintes digitales. J'ai fait trois mois de prison puis de nouveau centre de rétention. Là, c'est parti en cacahuète! Je me suis pris la tête avec un policier. Six mois de prison et maintenant de nouveau en centre de rétention. J'en ai marre!". Le chef du centre de rétention (qui préfère garder l'anonymat) affirme que 80% des retenus de Rennes sont issus de la délinquance. Une spécificité rennaise, selon lui. "Il y a beaucoup d'incivilités et depuis deux ans, plus de violences. Depuis que les mineurs isolés de la place de la République sont passés par ici.". Il montre les brosses à dents détournées de leur usage. Elles sont limées pour en faire des armes. "Pour le moment, les migrants s'en servent quand ils se bagarrent entre eux. Ils ne les ont jamais utilisées contre les policiers. Mais cela nous inquiète!".

Les brosses à dents transformées en arme - Radio France
Les brosses à dents transformées en arme © Radio France - Brigitte Hug

80% des retenus délinquants? Adrien Cornec, intervenant juridique pour la Cimade conteste ce chiffre: "Ils n'ont pas tous commis des vols ou des violences. Certains sont interpellés, par exemple, parce qu'ils se trouvent dans des zones portuaires.". L'association accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits. Un chiffre qui intrigue Erwan Balanant "Ici ça ne peut pas devenir une sorte d'annexe de la prison, une annexe pour des personness qui n'auraient pas retrouvé leur place. C'est un sujet sur lequel je vais être vigilant et c'est un des enseignements de cette visite.". Le député échangera sur la rétention avec ses collègues, mercredi, en commission à L'Assemblée nationale