Société

Un dispositif d'alerte noyade testé sur le littoral girondin

Par Romain Dézèque, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde et France Bleu vendredi 11 août 2017 à 17:10

L'affluence fait partie des facteurs pour la prise en compte du risque
L'affluence fait partie des facteurs pour la prise en compte du risque © Maxppp -

Deux médecins du Samu de Gironde testent depuis deux ans un dispositif d'alerte noyade en tenant compte des risques de baïnes, à l'instar de ce qui se fait pour les bulletins d'avalanches en montagne. La commune du Porge expérimente le système qui pourrait être mis en oeuvre dès l'été prochain.

Peut-on évaluer le risque de noyade ? C'est la question que se sont posée deux médecins du Samu de Gironde, Bruno Simonnet et Éric Tellier. Depuis deux ans, ils développent un outil statistique permettant de calculer le risque de noyade en fonction de la météo et de l'affluence sur les plages. Exactement comme ce qui est fait en montagne avec les bulletins neige et avalanches. La commune du Porge expérimente le système. "Le modèle se calcule en fonction de la température de l'eau, de l'air, la hauteur et l'orientation de la houle, les horaires de marées" explique Frédéric Moreau, élu en charge du littoral au Porge. "Et puis il y a aussi la fréquentation : on sait particulièrement que suite à une période de mauvais temps pendant une semaine, quinze jours, le premier beau weekend, le premier beau samedi, c'est un afflux d'usagers massif." Et le risque augmente proportionnellement.

La probabilité d'accident lors d'un jour à risque est de 36 %

L'efficacité du système ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes. "Sur la période avril-août 2015, il y 66 jours qui ont été identifiés comme jours à "risque élevé" et 67 jours considérés comme "risque faible". Sur les 61 accidents de noyade constatés sur cette période, 58 ont été sur des périodes à "risque élevé". Donc la probabilité de noyade sur un jour à risque est de 36 % alors qu'elle n'est que de 3% sur un jour normal" détaille Frédéric Moreau. La ville du Porge travaille avec ses maîtres-nageurs sauveteurs pour consolider les données.

Le Samu estime pourvoir prédire 3 voire 5 jours à l'avance le risque. L'idée, à terme, est de mettre en oeuvre ce système dès l'été prochain sur la commune du Porge et d'informer les vacanciers sur divers supports (smartphones, journaux, radio...). "On pourrait aussi repenser les périodes de surveillance... ça peut alimenter les débats et la réflexion" ajoute Frédéric Moreau. Pour cela il faut trouver les financements. Mais l'idée pourrait vivement intéresser les pouvoirs publics ainsi que l'ensemble des communes du littoral aquitain. Selon l'étude du Samu, les secours ont effectué 453 interventions pour 19 décès ces cinq dernières années sur la côte aquitaine.