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Société

Un documentaire en préparation sur les bordels militaires du camp du Poteau, entre Landes et Gironde

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Par , France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde

Le réalisateur Olivier Poujaud s'intéresse à l'histoire des bordels militaires du camp du Poteau de Captieux. Il s'agit d'une vingtaine de "maisons de tolérance" installées le long de la RD932 entre Roquefort et Captieux jusqu'en 1987. Olivier Poujaud lance un appel à témoignage.

Le Welcome, un ancien bordel militaire dans la forêt landaise
Le Welcome, un ancien bordel militaire dans la forêt landaise - Olivier Poujaud

Landes, France

Le tournage de ce docufiction sera réalisé entre les mois de mars et juin. Il devrait être diffusé sur France Télévision à la fin de cette année 2019.

France Bleu Gascogne : pourquoi vous intéressez-vous à cette histoire particulière et plutôt tabou ?

Olivier Poujaud : Des bordels militaires de campagne situés dans les Landes après la deuxième guerre mondiale, pour des Américains qui sont stationnés là dans l'objectif de construire un grand stock d'armement, c'est quand même assez surprenant. Que ça dure jusqu'en 1987 alors que c'était interdit depuis 1946 avec la loi Marthe Richard, ça interroge beaucoup.

Vous avez retrouvé des témoins de l'époque. C'est facile de parler de ce sujet ?

Les langues se délient maintenant  car 1987 ça date un peu. On a plutôt des témoignages de personnes un peu plus âgées. Elles prennent un peu de distance par rapport à ce que ça a été à l'époque. Certains en parlent très librement. J'ai aussi des témoignage de la police car la police des mœurs connaissaient les lieux. J'ai aussi quelques témoignages de clients, j'ai un témoignage d'un Américain présent sur le camp pour la partie américaine. J'ai également des témoignages de prostituées, de tenanciers, de propriétaires qui seront intégrés au récit fait dans le documentaire.

Qu'est-ce qu'ils vous disent ces anciens clients par exemple ?

C'est très paradoxal car ils n'en gardent que le meilleur. Les clients ne voient que le plaisir. Souvent, ils se souviennent de la coupe de champagne en arrivant. Ils se souviennent des filles. Ils se souviennent d'une espèce de liberté qu'ils ressentent. Ils ne voient absolument pas l'envers du décor : les réseaux qui sont derrière, les filles maltraitées, les filles déplacées, les conditions sanitaires parfois assez terribles.... Les clients n'ont pas conscience de ça. C'est l'objet du documentaire aussi. C'est de pouvoir confronter la vision de la prostitution comme client et la prostitution en tant que système d'exploitation humaine, parce que c'est ça.

Vous lancez un nouvel appel à témoin. Qu'avez-vous envie de leur dire pour les convaincre de venir à votre réunion le 9 février à Lencouacq ?

Dans un premier temps, c'est de pouvoir éclairer, qu'ils puissent à la fois donner un témoignage sur ce qu'ils ont pu vivre avec toute leur sincérité... Quand on y va à 18 ans, on a forcément une vision et peut-être qu'aujourd’hui, ces retraités-là, ont une vision un peu différente. C'est intéressant qu'ils témoignent à la fois sur leur ressenti et sur ce qu'ils pensent maintenant. Il ne faut pas qu'ils aient peur de le dire. Mais ces témoignages sont aussi destinés à relater l'histoire d'une époque, d'une période, d'une manière de vivre. Forcément, les villages avaient une vie différente avec les Américains autour, avec ces bordels... Apporter de la réalité, apporter leur réalité et raconter un petit bout de leur histoire. C'est parler du sujet sans en avoir honte.

Olivier Poujaud organise un apéritif-discussion le samedi 9 février à 19 heures au Cercle de Lencouacq. Celles et ceux qui ont connu, fréquenté, travaillé dans ces maisons closes sont invités à partager leur histoire et leurs souvenirs de façon anonyme ou non.