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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

VIDÉO - Un gilet jaune bourguignon gréviste de la faim monte à pied à Paris pour parler à Emmanuel Macron

dimanche 25 novembre 2018 à 19:36 Par Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre et France Bleu Bourgogne

Patrick, un bourguignon originaire de Saône-et-Loire, rallie Paris à pieds pour porter un message au président français. C'est un périple de 350 kilomètres qu'il effectue sans manger, après avoir entamé une grève de la faim.

Patrick monte à Paris à pied, soit 350 kms, sans manger.
Patrick monte à Paris à pied, soit 350 kms, sans manger. © Radio France - Bruno Blanzat

Auxerre, France

A chaque fois,c'est la même ovation. Patrick est un héros pour les gilets jaunes. Alors, dès que ces derniers aperçoivent son bonnet vert, ses bâtons et sa tenue jaune fluo, le barrage s'embrase. Une scène aperçue à plusieurs reprises, ce week-end dans l'Yonne. A chaque fois, Patrick ne s'arrête quelques minutes, pour échanger avec les manifestants, pour ne pas prendre froid. Car le Bourguignon ménage son corps, lui qui monte à Paris à pieds, et sans avoir avalé la moindre nourriture solide depuis plus d'une semaine. 

"Je fais l'impossible aujourd'hui. J'aimerai que le président fasse aussi l'impossible pour nous" — Patrick, gilet jaune, marcheur et gréviste de faim

Patrick, gilet jaune, gréviste de la faim: "je ne peux continuer à manger en sachant qu'il y en a qui meurent de faim"

Parti lundi dernier de Châlon-sur-Saône (saône-et-Loire), il compte avaler les 350 kilomètres pour espérer parler à Emmanuel Macron en fin de semaine.  

Patrick est suivi par un ami dans une camionnette sur laquelle son action est expliquée - Radio France
Patrick est suivi par un ami dans une camionnette sur laquelle son action est expliquée © Radio France - Bruno Blanzat

Aidé de ses bâtons, Patrick marche une quarantaine de kilomètres par jour, une douzaine d'heures, sans manger. "Je ne bois que de l'eau et des infusions sans sucre", nous explique le Bourguignon lors de l'une de ses rares pauses. "Tant que mon corps me permet d'avancer, j'avance. Et je me force à m'arrêter le soir pour dormir et prendre une douche. J'attends que les gens m'ouvrent leur porte mais je n'ai pas besoin de leur demander, elle s'ouvre toute seule." Ce que ce père de famille a vécu dans un village près d'Avallon, à Auxerre comme à Sens. "Les gens qui me donnent, ce sont ceux qui n'ont pratiquement rien. Ils m'ouvrent leur cœur, ils ont compris le message."

"Je trouve que c'est malheureux. Cela me touche. Je suis hyper gêné. Je l'ai vu, lui ai serré la main et j'ai pleuré" — Hervé, un motard icaunais

Le carburant de Patrick, ce sont les autres

"Les personnes qui me klaxonnent, toutes celles qui sont autour de moi, celles qui souffrent. Elles me donnent de la force." Pourtant, ce bourguignon, élagueur en Saône-et-Loire, n'est pas à plaindre. "Je suis heureux, je gagne de l'argent, j'ai une moto, je fais du parapente, je pars en vacances, moi. Mais je ne peux pas continuer à manger en sachant qu'il y en a qui meurent de faim. je ne peux pas, ne pas réagir" détaille celui qui a quitté femme et enfants pour rejoindre la capitale.

Patrick est suivi par une camionnette sur laquelle son action est expliquée - Radio France
Patrick est suivi par une camionnette sur laquelle son action est expliquée © Radio France - Bruno Blanzat

Suivi à distance par un médecin, Patrick marche à côté de sa camionnette, conduite par un ami, et sur laquelle on peut lire son message. Hervé, un motard icaunais, le croise et s'arrête pour le soutenir. "Je trouve que c'est malheureux. Cela me touche. Je suis hyper gêné. Je l'ai vu, lui ai serré la main et j'ai pleuré."

Patrick : "C'est un ras-le-bol car on nous prend tout"

Patrick attend avec impatience la prise de parole d'Emannuel Macron demain. Le gilet jaune bourguignon est persuadé de ne pas marcher pour rien. "Je suis certain que le gouvernement va faire quelque chose. Et je sais que quand j'arriverai à paris, je ne serai pas seul. Le peuple saura quoi faire." S'il tient, sans manger, Patrick compte atteindre l'Élysée jeudi ou vendredi.