Société

Un groupe culturel des Pyrénées-Orientales dit avoir été humilié par la police espagnole

Par François David, France Bleu Roussillon vendredi 18 juillet 2014 à 18:09

Le drapeau catalan
Le drapeau catalan © Pablo Saludes Rodil - Pablo Saludes Rodil

De retour d’un voyage à Majorque, les 70 membres d’une association culturelle de Baho (Pyrénées-Orientales) dénoncent le comportement de policiers espagnols. Ils disent avoir été victimes "d’anti-catalanisme primaire" et envisagent de porter plainte.

Il ne faut pas dire à la police espagnole que vous venez de Catalogne-Nord ! C’est la mésaventure vécue par les membres de l’association « Air Nou »,  un groupe culturel des Pyrénées-Orientales parti aux Baléares faire des démonstrations de castellers (châteaux humains) et de correfocs (spectacles pyrotechnique typique de la culture catalane).

Au moment d’embarquer sur le bateau du retour à Palma de Majorque, la police monte dans le bus et demande. « D’où venez-vous ? ». Un jeune répond : « De Catalogne-Nord » . La suite nous est racontée par Hervé Pi, membre de l’association. « Un policier répond alors que la Catalogne-Nord n’existe pas. Pas plus que la Catalogne. Il ajoute que si un jour la Catalogne devient indépendante, un mur aussi haut que le ferry sera construit tout autour. ».

Catalans humiliés

S'ensuivent des propos « déplacés » et  « provocateurs » pendant plus d’une dizaine de minutes, selon l’association qui dénonce un anti-catalanisme primaire. « La police espagnole a gardé des façons de faire qui datent de la période franquiste . Aujourd’hui, c’est terminé, la police doit respecter les gens et leur façon de penser. ».

Catalans humiliés - enro

Verbalisé pour un autocollant « CAT »

Dans la foulée, la police examine les différents véhicules du convoi. D’un coup, ils tiquent. Sur l’une des voitures, un autocollant « CAT » orne la plaque d’immatriculation.« La police espagnole a déclaré que c’était illégal et qu’on ne pouvait pas embarquer », raconte Hervé Pi. « De là, ils ont appelé en renfort la Guardia Civil et la police portuaire. Au total, 8 policiers mobilisés pendant une heure pour un simple autocollant ! ».Finalement, le propriétaire de la voiture est contraint d’arracher l’autocollant et de payer une amende de 45 euros.

Une plainte envisagée

Pendant ce temps-là, le reste du groupe est monté sur le bateau. Du haut du pont, les membres entament des chants catalans et lancent des « Visca Catalunya ! ». La police monte à bord et menace de faire évacuer. Le ton monte encore d’un cran.« Nous avons contacté un avocat pour envisager une plainte contre la police », explique l’association. « Nous ne sommes pas des délinquants , nous ne sommes pas des terroristes. Nous sommes une association culturelle »