Société

Un immeuble en projet à la Rochelle pour les adultes autistes asperger

Par Charlotte Jousserand, France Bleu La Rochelle et France Bleu lundi 7 novembre 2016 à 6:00

De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco
De gauche à droite : Diane Compain, Christine Marcel et Valérie Coco © Radio France - Charlotte Jousserand

Des parents et des associations ont monté un projet immobilier pour les adultes autistes asperger. Pour le moment il n'existe rien ni dans le département ni dans la région. Le projet "Maison bleue" prévoit onze appartements à la Rochelle.

"C'est une maison bleue adossée à la colline...", tout le monde connait le début des paroles de la chanson de Maxime le Forestier. Pour Christine Marcel, la maison de cette chanson "c'est un peu la maison idéale où chaque jeune pourrait vivre selon son rythme et selon ses besoins". Christine Marcel et son mari ont monté ce projet "Maison Bleue" depuis presque deux ans pour leur fils de 23 ans qui est autiste asperger.

Les personnes qui souffrent de ce syndrome sont brillantes mais elles ont des difficultés à gérer le quotidien et à s'organiser. Il n'existe rien actuellement dans le département ou dans la région pour ces adultes. Conséquence, les adultes autistes asperger vivent donc la plupart du temps chez leurs parents ou avec d'autres membres de leurs familles.

Préparer l'avenir

C'est parce qu'il n'y a rien que Christine Marcel et son mari ont décidé d'inventer et de créer une solution adaptée pour leur fils et pour les autres adultes concernés par le syndrome d'asperger. Christine Marcel veut préparer l'avenir : "On n'est pas éternel et on ne veut pas que ce soit sa sœur qui soit responsable de la vie de son frère, il faut qu'ils puissent vivre chacun leur vie".

Les situations peuvent être "catastrophiques" quand l'avenir n'est pas préparé estime Valérie Coco, psychologue à l'Adapei 17. "Après le décès des parents, ce sont très souvent les frères et les sœurs qui prennent en charge, ou alors l'adulte autiste asperger se débrouille mais face à une difficulté il peut paniquer".

Un immeuble avec des services

Une "maison bleue" ce n'est ni une institution, ni un centre spécialisé. Selon Valérie Coco, "la maison Bleue ce sont environ onze appartements réunis dans un même lieu, un petit immeuble. Ce sont des appartements privés que chaque adulte va louer mais pour les aider à gérer leur logement il y a aussi dans cet immeuble des éducateurs pour les aider soit par exemple à préparer les repas où à faire le ménage dans leur logement". Des ateliers pour apprendre "à être un citoyen" où à gérer d'autres problématiques sont également prévus.

Dans le projet sont prévu un rez de chaussé avec six appartements pour des personnes autistes asperger qui sont autonomes mais qui ont besoin d'une visite une ou deux fois par semaine. A l'étage, cinq appartements avec un "plateau technique", c'est à dire des éducateurs qui viendront aider les personnes au quotidien. Un veilleur de nuit est également prévu dans cet immeuble. Christine Marcel souhaite que la maison soit située à la Rochelle ou dans la petite couronne car il faut que les adultes puissent avoir accès au transport et à la vie de la cité.

Des logements déjà testés à Roncq

Ce concept n'existe pas pour le moment dans la région mais de tels logement existent déjà dans le nord de la France, à Roncq près de Tourcoing. Le projet monté par Christine Marcel et son mari, aidé par Valérie Coco, est aussi aidé par l'Association Emmanuelle qui aide les personnes en situation de handicap mental. Diane Compain, membre de l'association Emmanuelle explique que "très souvent ce sont les parents qui sont à l'origine des structures, l'association Emmanuelle apporte une expérience cela fait 42 ans que nous créons des structures pour les personnes en situation de handicap mental".

Christine Marcel, Diane Compain et Valérie Coco cherchent désormais à évaluer le nombre d'adultes souffrant du syndrome d'asperger qui serait intéressé par cette solution de logement. Quant au projet de maison Bleue, il est terminé sur le papier, il sera présenté à la fin de l'année à l'Agence régionale de Santé et au Conseil départemental pour une validation, un financement pour la construction.