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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Un jeune Malien sur les traces de son arrière-grand-père mort pendant la Grande Guerre près de Nancy

vendredi 13 juillet 2018 à 19:01 Par Thierry Colin, France Bleu Sud Lorraine

Une commémoration particulière de la guerre de 14-18 en Lorraine. Un jeune Malien, hébergé près de Nancy par des particuliers, s'est recueilli sur la tombe d'un soldat malien mort pour la France il y a un siècle. Il porte le même nom que lui et vient de la même région au nord de Bamako.

Le jeune homme s'est recueilli sur la tombe d'un soldat malien tombé pour la France il y a 100 ans, en 1918.
Le jeune homme s'est recueilli sur la tombe d'un soldat malien tombé pour la France il y a 100 ans, en 1918. © Radio France - Thierry Colin

Champenoux, France

Une prise de parole solennelle au milieu d’un cimetière militaire près de Nancy pour une commémoration particulière. Un jeune Malien s'est recueilli sur la tombe d'un soldat malien tombé pour la France, il y a 100 ans, en 1918. Ce pourrait être son arrière-grand-père, il vient de la même région que lui, au nord de Bamako.

L'esclavage en Libye 

Brehima Diarra, un jeune Malien, orphelin, a quitté son pays à l'âge de 17 ans et son périple dangereux l'a amené en Italie puis en France. Un jeune souriant qui a connu l'esclavage et la prison en Libye puis a assisté au décès de huit camarades noyés en Méditerranée alors que son embarcation comptait une 100aine de personnes. En France, dans les cimetières militaires de la Première Guerre Mondiale, il existe une dizaine de tombes avec le patronyme Diarra : des tirailleurs enterrés il y a cent ans. Un siècle après, autour du jeune malien, des militants de l'association Un Toit pour les Migrants sont venus lui apporté soutien et réconfort.

1918 Tennoga Diarra. Quand la France a eu besoin de toi, tu as répondu : «présent» !

2018 Brehima Diarra. Aujourd’hui, j’ai besoin de la France. Elle répond : «absent» !

En discutant avec les militants qui l’hébergent, la coïncidence s'est avérée  troublante pour ce jeune africain qui a toujours entendu dire que son arrière-grand-père était venu en France en 1915. Un parent qui n’est jamais retourné en Afrique.

Brigitte, militante de RESF estime que la France a un devoir de mémoire.

Un devoir de mémoire pour un jeune orphelin qui a fui son pays et qui espère une régularisation par le préfet de Meurthe-et-Moselle pour pouvoir retourner à l'école et trouver un apprentissage. Au milieu des centaines de tombes, ce vendredi, à la nécropole militaire de Champenoux, près de Nancy, des militants associatifs et d’autres jeunes africains se sont réunis pour une cérémonie sur la nécropole nationale qui accueille les victimes de la bataille du Grand Couronné. En 1918 Tennoga Diarra est mort pour la France. 2018 Brehima Diarra a besoin de la France rappellent ceux qui viennent en aide au jeune malien qui espère obtenir un titre de séjour.

Le soutien des militants

Le jeune africain, mis à la rue en France à 18 ans, est hébergé chez des particuliers dans un village près de Nancy et soutenu par des militants de l'association Un Toit pour les Migrants qui fédère des citoyens solidaires. Les militants du Réseau Education Sans Frontière (RESF) et de la Ligue des Droits de l’Homme ont écrit au préfet de Meurthe-et-Moselle et au président de la République pour demander une régularisation de ce jeune majeur. 

Une cérémonie particulière et solidaire. Reportage.