Société

Un livre noir pour mettre fin à l'exil des personnes handicapées, faute de structures adaptées

Par Leila Mechaouri, France Bleu lundi 19 octobre 2015 à 18:02

Les structures d'accueil pour enfants autistes sont encore peu nombreuses.
Les structures d'accueil pour enfants autistes sont encore peu nombreuses. - France Bleu

Un " livre noir du handicap " doit être remis ce mardi aux parlementaires. Il dénonce l'exil des personnes handicapées vers la Belgique, faute de structures adaptées en France.

Qu'ils soient autistes, polyhandicapés, ou atteints d'une maladie rare, plus de 6500 adultes et enfants ont été obligés de quitter l'hexagone. Un " livre noir du handicap " doit être remis ce mardi aux parlementaires. Il dénonce l'exil des personnes handicapées vers la Belgique, faute de structures adaptées en France. Les associations demandent la création de places en France, alors que les députés commencent à examiner le projet de budget 2016 de la sécurité sociale.

" Le personnel n'était pas formé à son handicap " - Emmanuelle, maman de Loïse, polyhandicapée

Sans aller jusqu'à exiler leurs enfants, les parents sont souvent obligés de cesser leur activité. C'est le cas d'Emmanuelle Duret, de Plomeur, dans le sud Finistère. Elle est maman de Loïse, 13 ans, polyhandicapée. La jeune fille est atteinte d'une maladie rare et d'une épilepsie sévère du nourrisson. Elle ne parle pas, ne marche pas et a besoin d'aide pour tous les gestes du quotidien. Faute de solutions face à ce lourd handicap, Emmanuel Duret a dû arrêter de travailler il y a deux ans, pour s'occuper de Loïse à plein temps. " Loïse a été en IME pendant un an, mais ça a été très difficile pour elle, explique sa mère. Le personnel n'était pas formé à son handicap. Elle était mise à part. Il n'y avait aucun éveil pour elle. "

" Il y a parfois jusqu'à 2 ans d'attente "

Le problème est similaire pour la prise en charge de l'autisme. Un enfant sur 150 naîtrait autiste. En France, on estime que 430 000 personnes sont atteintes à des degrés divers de ce trouble du comportement. Mais les structures sont très nettement insuffisantes. Par exemple, dans le Finistère, seuls une dizaine d'enfants ou adolescents autistes peuvent bénéficier d'un accueil individualisé avec la méthode éducative ABA. Une méthode comportementale encore peu développée en France. Un centre spécialisé a été créé il y a quelques années à Quimper. Les résultats sont là, et la liste d'attente s'allonge. " Même pour les structures qui ne sont pas spécialisées dans l'autisme comme la nôtre, il y a parfois jusqu'à 2 ans d'attente. C'est compliqué pour les familles ", reconnaît Alexandra Chavin, psychologue au Service d'accompagnement comportemental spécialisé de Quimper. D'ici deux ans, le SACS devrait pouvoir accueillir dix enfants de plus. Mais en contrepartie, il ne pourra plus prendre en charge les cas d'autisme les plus sévères.