Société

Un lycéen manceau menacé d'expulsion

Par Julien Jean, France Bleu Maine mercredi 14 octobre 2015 à 20:39 Mis à jour le mercredi 14 octobre 2015 à 20:44

© Maxppp - Jeremias Gonzalez IP3 PRESS

Il vit en France depuis qu'il a 9 ans mais il a désormais 30 jours pour quitter le territoire et retourner en République du Congo. C'est ce que la Préfecture de la Sarthe vient d'annoncer à Steven, un lycéen manceau de 18 ans.

C'est pour lui une décision cruelle et encore inconcevable. Alors qu'il vit en France depuis l'age de 9 ans, Steven vient d'apprendre ce mercredi qu'il a désormais 30 jours pour quitter le territoire_. _La préfecture de la Sarthe a en effet rejeter sa demande de titre de séjour et l'invite à retourner au Congo Brazzaville. Un choc pour ce jeune 18 ans, scolarisé au Lycée Sud du Mans, en bac Pro "réparation de carrosserie".

C'est angoissant. J'ai peur d'être expulsé, j'aime ce pays.

Steven est pourtant un jeune exemplaire. Aucun délit, scolarisé et parfaitement intégré : "je marche droit et si peux aider, je le fait toujours volontiers. Ici, je me mêle à la foule et je me sens à l'aise. Libre dans mes choix et mes idées. J'aime ce pays". C'est d'ailleurs en France qu'il souhaite construire sa vie, près de sa mère et de ses 3 soeurs avec qui il habite dans le quartier des Ronceray. Mais avec cette décision de la Préfecture, tout vient de s’effondrer : "C'est angoissant. J'ai peur d'être expulsé. Je ne sais pas ce qu'il peut se passer demain et je ne me vois pas du tout partir".   

Steven redoute d'être expulsé

J'ai fui la guerre au Congo... j'ai vu et vécu des choses que je ne pourrai pas oublier.

La peur aussi de retourner au Congo dont il garde des souvenirs douloureux :  "A 9 ans, j'ai fui la guerre. J'ai vu des choses que je ne pourrai pas oublier. Cela marque à vie".   

Steven, contraint de quitter le Congo à l'age de 9 ans

Ironie du sort : il est "invité" à quitter le territoire alors que la France s'est engagée à accueillir 30 000 réfugiés. Des réfugiés dans lesquels Steven se reconnait.

Steven et les autres réfugiés

J'aimerai bien réussir ma vie

Aujourd'hui, il espère que la Préfecture de la Sarthe reviendra sur sa décision pour lui permettre de poursuivre ses études.

Steven veut poursuivre ses études et aider sa famille