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Un match avec les volleyeuses de l'ASPTT Mulhouse à la maison d'arrêt de Strasbourg

Par Charlotte Jousserand, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass mercredi 8 mars 2017 à 21:21

Un match de volley entre joueuses pro et détenues à la maison d'arrêt de Strasbourg.
Un match de volley entre joueuses pro et détenues à la maison d'arrêt de Strasbourg. © AFP - Patrick Hertzog

Des détenues et des volleyeuses professionnelles de l'ASPTT Mulhouse se sont réunies pour un match ce mercredi après-midi dans la cour de la maison d'arrêt de Strasbourg.

Une rencontre particulière ce mercredi après-midi, dans la cour de la maison d'arrêt de Strasbourg, six volleyeuses pro de l'ASPTT Mulhouse et six détenues. Une rencontre organisée avec pour toile de fond la journée internationale des droits de la femme mais surtout pour faire se mélanger deux mondes.

Une fois les présentations faites, Olga, Jeanne, Magadalena et les 9 autres femmes se retrouvent un ballon de volley dans les bras. Sur le terrain goudronné, à côté des cellules des 36 femmes incarcérées ici, le filet penche un peu et les grillages autour rappellent bien qu'on est dans une prison, mais au bout de quelques passes, on n'entend plus que des éclats de rires et le bruit sourd du ballon.

Deux équipes se forment, deux équipes mélangées avec autant de détenues que de joueuses pro. Les règles du volley sont rappelées, les gestes expliqués mais le plus important c'est de partager. Kim est détenue ici, c'est une sportive, "une boxeuse" explique-t-elle. Elle n'arrive pas trop à se motiver toute seule. La jeune femme apprécie que les joueuses de Mulhouse les emmènent quelques instants dans leur monde, leur univers et qu'elles ne regardent pas le milieu carcéral, qu'elles soient juste là, toutes, à jouer ensemble.

"Transmettre à des personnes qui en ont besoin"

Alina est une des joueuses pro de l'ASPTT, elle est venue avec un peu d'appréhension et de curiosité. Elle voulait savoir comment ça se passait dans la prison, quelles étaient les conditions de vie, et puis elle reconnait qu'elle a eu quelques préjugés, vite oubliés.

Alina est d'origine roumaine et ce mercredi après midi, elle a rencontré une détenue elle aussi d'origine roumaine. Les deux femmes se sont mises à parler dans leur langue maternelle et les larmes leur sont montées aux yeux. Alina raconte : "J'éprouve beaucoup de sympathie pour elle. Nous avons beaucoup discuté, je me suis rendue compte que c'était une personne comme une autre, elle a des enfants, je suis très touchée par ce qui se passe".

Les joueuses de l'ASPTT Mulhouse se déplacent assez souvent hors de leurs terrains habituels pour rencontrer des Alsaciens et partager des moments sportifs. Pour leur entraîneur, Magalie Magail c'est très important de voir ce qu'est "la vraie vie" car "nous on a la chance de vivre de notre passion donc je pense que c'est important de transmettre à des personnes qui en ont besoin, qui connaissent des difficultés."

Le sport en prison est très important et ce n'est pas Christine Loehle qui va dire le contraire. Elle est professeur de sport depuis 28 ans à la maison d'arrêt de Strasbourg. Pour elle, le sport c'est le moyen "de sortir de la cellule, d'oublier un peu l'incarcération, elles pensent pas à leur jugement au cumul de difficultés qui les ont emmenées ici. Le sport permet de se remotiver, de bouger et d'oublier un peu les difficultés et peut-être d'arriver à mieux dormir".

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