Société

Un militant anti-publicité jugé à Toulouse ce mardi

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mardi 31 mai 2016 à 8:47 Mis à jour le mardi 31 mai 2016 à 19:30

Les anti-pub sont très actifs à Toulouse.
Les anti-pub sont très actifs à Toulouse. © Radio France - Jean Saint-Marc

Ce mardi 31 mai, le tribunal d'instance de Toulouse juge un ingénieur de 29 ans, militant anti-pub, coupable d'avoir retiré quinze affiches publicitaires de leurs panneaux en mars dernier. Rien de très méchant, mais c'est illégal. JCDecaux s'est porté partie civile.

Johan Rogel, 29 ans, ingénieur en informatique à Toulouse,  comparaissait ce mardi pour avoir retiré quinze affiches dans le secteur du Pont des Catalans, de nuit, le 25 mars dernier, journée mondiale de lutte contre la publicité. Johan est membre de l'association "Résistance à l'Agression Publicitaire", une  trentaine de membres actifs à Toulouse. Il risque 3.750 euros pour dégradations volontaires. JCDecaux, propriétaire des supports publicitaires, s'est porté partie civile, l'entreprise réclame 600 euros de dommages et intérêts et 1.000 euros de remboursement de frais de justice. Le tribunal d'instance de Toulouse rendra sa décision le 28 juin.

►► Réécoutez l'interview de Johan Rogel, invité de France Bleu Toulouse ce 31 mai, et interrogé par Bénédicte Dupont

INVITE - Johan Rogel, militant anti-publicité

La publicité, c'est une invasion, l’idéologie de la surconsommation, les stéréotypes de genre, le culte de la perfection physique. Regardez, l'été arrive et on voit toutes sortes de publicités pour maillots de bain avec des bimbos partout.

Johan Rogel invité de France Bleu Toulouse ce 31 mai. - Radio France
Johan Rogel invité de France Bleu Toulouse ce 31 mai. © Radio France - Alban Forlot

La publicité est pourtant réglementée par le Code de l'Environnement, des règlements locaux comme à Toulouse (nouveau RLP en 2015) qui encadrent strictement voire interdit la publicité dans l'hyper-centre historique, près des monuments historiques et le long du Canal du Midi.

Ici à Toulouse, une trentaine de panneaux publicitaires sont illégaux : le long des canaux (du Midi, de Brienne et latéraux) mais aussi ces affiches de l'Euro-2016 sur le Capitole.

Un ville en France, Grenoble, sous l'impulsion d e son maire EELV, vient d'’interdire la publicité dans son espace public. Le manque à gagner en terme de recettes (redevance JCDescaux)pour la collectivité s'élèverait à 200.000 euros annuels environ. Les publicités implantées sur le domaine privé (murs des immeubles, jardins privatifs), elles, sont toujours autorisées.

Un militant anti-pub remporte son procès à Toulouse

L'été dernier, un autre militant anti-pub a été jugé à Toulouse. Pour avoir coupé quatre affiches et fait disjoncter une vitrine JCDescaux sur les allées Jean Jaurès en 2013, Tanguy Aubé avait écopé en première instance de 1.500 euros d'amende mais les faits qui lui étaient reprochés ont été requalifiés en appel en simples dégradations volontaires n'ayant entraîné qu'un dommage léger, et son amende annulée.

► Le reportage de Jean Saint-Marc auprès du RAP ("Résistance contre l'Agression Publicitaire") en action à Toulouse

Reportage auprès des anti-pub à Toulouse